Optimal optimisme !

Eh oui ! Samedi, malgré le froid, la grisaille, la sinistrose et les particules fines, c’était bien le Printemps !

A cette occasion, je me suis rendue à  la 2ème édition du « Printemps de l’optimisme » ! Bon je ne vous cache pas que l’appellation en a fait rire plus d’un dans mon entourage. Malgré tout, je peux vous dire que je n’ai pas été déçue de ce petit shoot d’énergies positives ! Bon du coup je vous synthétise les objectifs du schmilblick, tels que (très bien) résumés par le journal Le Point : « Lutter contre la sinistrose et la morosité, qui ajoute une crise aux crises, ne pas nier les difficultés, mais montrer ce qui marche, valoriser les innovateurs, les entreprenants, les « faiseux » plutôt que les « diseux » et privilégier les solutions. Tels sont les objectifs affichés par le Printemps de l’optimisme. ». Je ne sais pas vous, mais moi, j’adhère !

Je suis donc allée participer au ateliers et débats qui rassemblaient de supers intervenants aux profils très variés : sociologues, spécialistes de la psychologie positive, professeurs de management, mais aussi sportifs ayant dépassé leurs limites (Philippe Croizon), dirigeants d’entreprises, etc. Et je vous ai concocté un petit résumé de ce qu’il faut retenir de tout cela !

Avant tout, je voudrais juste vous rapporter les paroles de Thierry Saussez, créateur de l’événement, qui à  mon sens introduisent bien la suite : « àŠtre optimiste, ce n’est pas être béat ou rêveur, ce n’est pas nier les difficultés ou voir le monde plus beau qu’il n’est. àŠtre optimiste, c’est être réaliste et affirmer que le pessimisme ne construit rien. C’est diriger notre regard vers ce qui fonctionne et mobiliser nos énergies pour faire reculer cette défiance collective qui nuit à  la consommation, à  la croissance, à  l’emploi, au financement de la solidarité (…) La prospérité et la croissance d’un pays ne dépendent pas uniquement de critères matériels mais aussi de facteurs psychologiques et mentaux et du moral d’une nation. » Et les facteurs psychologiques, justement parlons-en !

Bonheur : la statistique qui laisse baba

A nous qui pensons tous que les événements de la vie font et défont notre bonheur, voici de quoi nous couper le souffle. Notre capacité au bonheur est influencée à  :

  • 50% par notre patrimoine génétique
  • 10% par les circonstances de notre vie (!!)
  • 40% par nos décisions, nos comportements et nos choix de vie

Rendez-vous compte !! 40% de notre faculté au bonheur nous appartient, c’est énorme !! Cela signifie que la capacité de l’homme à  améliorer sa vie réside en grande partie… entre ses mains (oui oui je (dé)tourne les maths à  mon avantage, je sais). Bref, le fameux « Il faut cultiver son jardin » du Candide de Voltaire prend tout son sens. Laissons donc de côté les problèmes métaphysiques et occupons-nous de ce que nous pouvons améliorer et changer.

Le rôle du cerveau dans tout ça

Il y en a un à  qui on ne pense pas (assez) souvent dans toute cette histoire, c’est le cerveau. Ce qui est certain, c’est que l’on sous-estime sa capacité à  nous aider dans la réussite de nos projets. A l’approche d’un événement qui nous stresse, on va ressasser notre angoisse bien consciencieusement, la ruminer telle une belle bovine, enfin bon on va faire de la Negative Self Hypnosis en veux-tu en voilà . C’est à  dire se convaincre de façon inconsciente, involontaire mais bien réelle que l’on y arrivera pas. Mais pourquoi diantre a t-on recours à  un processus aussi contre productif ? C’est sans doute la peur qui nous y pousse, mais nous y reviendrons plus bas.

Ce qui est sûr c’est que lorsque nous nous formulons positivement là  o๠nous souhaitons aller (Postive Self Hypnosis, vous l’aurez compris !), nous avons toutes les chances d’y arriver car notre cerveau aura déjà  commencé à  créer les nouvelles synapses qui nous permettront d’être plus intelligents de consolider un circuit neuronal. En langage normal, ça veut dire que notre cerveau saura faire avant même d’avoir fait, car cet organe fabuleux ne fait pas la différence entre un événement imaginé et un événement réellement vécu. C’est ni plus ni moins ce que font tous les sportifs de la Terre pour se préparer mentalement. à‡a n’a l’air de rien comme ça, mais c’est une pépite ! Essayez-donc, ça marche.

Mahatma Gandhi a d’ailleurs bien résumé le fait qu’en changeant notre système de croyances, on peut changer profondément et durablement certains aspects de notre vie :

Vos croyances deviennent vos pensées,
Vos pensées deviennent vos mots,
Vos mots deviennent vos actions,
Vos actions deviennent vos habitudes,
Vos habitudes deviennent vos valeurs
Vos valeurs deviennent votre destinée.

Optimisme / Pessimisme – Tout est une question de responsabilité

Merci à  Florence Servan-Schreiber de nous l’avoir rappelé, la vraie différence entre un optimiste et un pessimiste, c’est l’attitude adoptée face à  la réussite et à  l’adversité. Prenez par exemple la réussite ou l’échec à  un examen :

Face à  la réussite

« Celui qui considère que les situations positives de sa vie ont une cause permanente plutôt que temporaire est plus optimiste. Ses succès ne dépendent pas d’un contexte, mais bien de sa nature ou de ses compétences.

Ex : Il a réussi son examen parce qu’il sait bien se préparer aux épreuves.

(…) Le pessimiste trouve des raisons extérieures ou accidentelles pour justifier sa performance.

Ex : Le sujet de l’examen était à  sa portée. »

Face à  l’échec

« Celui qui abandonne lorsque ça se complique croit que les revers qu’il subit sont durables et irréversibles. Il généralise. Les pessimistes systématisent le négatif. Cela témoigne de l’impuissance qu’ils ressentent. Et cette impuissance gangrène leur motivation et leur capacité d’intervention. Elle ne les incite à  rien faire d’autre que baisser les bras.

Ex : S’il rate un examen, il s’accusera d’être toujours mauvais dans cette matière.

Face aux mêmes circonstances, l’optimiste est plus précis. Il ne se laisse pas dépasser par la situation et considère qu’un revers est temporaire ou circonscrit.

Ex : Il a raté son examen cette fois-ci.

Quand ça ne se passe pas comme on aimerait, l’emploi de « toujours » et « jamais » sont des signes assurés de pessimisme. Ils rendent l’adversité définitive et globale (…) L’emploi de « parfois » ou de « récemment » révèle une nature plus légère, témoigne d’une contrariété passagère et surtout d’une évolution favorable possible. »

Et voilà . Un optimiste généralise la victoire et circonstancie l’échec. Un pessimiste circonstancie la victoire et généralise l’échec. A ce stade, on peut noter que par (fausse ?) modestie et politesse, on a très souvent tendance à  renier nos talents en attribuant nos victoires aux hasards de la vie. Mmmhh. Je vous laisse méditer là -dessus.

La grande résistante à  tout ça …

Mais qui est l’empêcheur de tourner en rond dans tout ça ? C’est la peur, bien sûr ! La peur qui empêche tout. Oser, y aller, entreprendre, se dépasser. La peur qui nous construit des limites grosses comme nous dans nos têtes. Surmonter ses peurs c’est se permettre d’accéder au bonheur, voilà  pourquoi les deux sont si liés. Car au fond, qui nous empêche d’accéder à  nos rêves ? C’est nous. Ce sont les limites que l’on se construit comme des grands. Tout ça c’est le pur produit de notre imagination.

Ce qu’il faut savoir, à  propos de la peur, c’est qu’elle sera toujours là . Ah bah nous voilà  bien… Le but du jeu du coup, c’est qu’elle ne soit pas limitante. Pour cela, Tal Ben-Shahar (spécialiste de la psychologie positive) a trouvé une solution gràce à  son concept du lancer de sac. Explication : la plupart du temps nous n’osons pas parler de nos projets, de nos rêves. Pour toutes sortes de raison, l’une d’elle étant que cela nous obligerait à  faire un pas vers leur réalisation. Mais c’est souvent plus facile de les garder bien au chaud dans notre imagination parce qu’on a peur, on doute, on hésite, on paresse. C’est pour cette raison que Tal Ben-Shahar nous invite à  balancer notre sac à  dos au-dessus du mur. Le mur représentant les obstacles, les défis sur le chemin de la réalisation d’un rêve. Lorsque l’on balance son sac de l’autre côté, on est bien obligé de l’y rejoindre, de l’autre côté ! D’une façon ou d’une autre !

Métaphoriquement, cela signifie qu’il faut sortir de son petit confort pour entreprendre les premières actions, en parler aux autres pour mieux se lancer le défi à  soi-même, et ainsi mettre son cerveau dans la marche de cette nouvelle voie. Cela permet de s’engager, de ressentir ses propres réactions mais aussi les réactions des autres, et donc de s’autoriser à  amorcer son projet ! En clair, c’est se mettre en danger pour mieux se mettre en marche. Une fois qu’on l’a fait une fois c’est top et on ne peut plus s’en passer. Très efficace.

Oh des regrets, des regrets, des regrets…

Le risque, si l’on ne fait rien? Les regrets. Eh oui, c’est pas la partie la plus fun de ce post, mais c’est une réalité. La vie n’attend pas. Sophie Machot, auteure du livre « Cultivez votre bonheur ! » nous a parlé d’une certaine Bronnie Ware. Bronnie est une infirmière en soins palliatifs (je vous avais prévenu…) qui s’est intéressée à  la «clarté de vision que les gens atteignent à  la fin de leur vie, et à  la façon dont nous pourrions apprendre de cette sagesse». En échangeant avec eux, elle a listé leurs 5 plus grands regrets :

  1. Je regrette de ne pas avoir eu le courage de vivre ma vraie vie au lieu de celle que les autres voulaient pour moi
  2. Je regrette d’avoir consacré trop de temps à  mon travail
  3. Je regrette de ne pas avoir exprimé plus mes émotions
  4. Je regrette de ne pas être resté en contact avec mes amis
  5. Je regrette de ne pas m’être autorisé à  être plus heureux

évidemment, tout cela n’est pas très funky. Mais dans un sens nous avons effectivement des leçons à  tirer de ce constat. Et la plus importante, c’est celle de s’autoriser à  être heureux.

Mais comment font les gens heureux pour être heureux ?

Ouf, du plus léger ! Sympathique Sophie Machot, qui après nous avoir déprimé nous a ouvert les voies de la GRANDE route ! Voici une recette générique, puisqu’il y a évidemment autant de bonheurs différents que d’êtres humains sur cette planète !

  • Ils sont dans l’action et ont des projets de vie motivants
  • Ils ont une vie sociale active et équilibrée
  • Ils savent exprimer leur reconnaissance
  • Ils savourent les petites comme les grandes joies
  • Ils font également preuve de résilience face aux intempéries de la vie
  • Ils savent prendre le temps de vivre le moment présent
  • Ils pratiquent une activité de flow (sport, art, loisir) qui procure des émotions

Le flow est un concept élaboré par le psychologue Mihaly Csikszentmihalyi et que je trouve juste extraordinaire. J’y consacrerai d’ailleurs probablement un post ultérieurement. Selon Wikipédia : « Le flow, littéralement le flux en anglais, est l’état mental atteint par une personne lorsqu’elle est complètement immergée dans ce qu’elle fait, dans un état maximal de concentration. Cette personne éprouve alors un sentiment d’engagement total et de réussite. » En gros, ce sont les activités que vous adorez faire, dans lesquelles vous êtes particulièrement talentueux, qui vous amènent à  vous concentrer sans faire d’effort au point d’atteindre un état d’exaltation intense. C’est typiquement les activité au cours desquelles vous vous dites « oh là  là  il est déjà  telle heure, je n’ai pas vu le temps passer ! » Il y en existe autant que de petits bonheurs : écrire, cuisiner, jardiner, faire de la musique, du sport, construire une maquette, etc.

… Et aussi… Cesser d’alimenter la stacausite

Sophie Machot nous rappelle qu’en cessant d’alimenter la stacausite, on prendra tous enfin la responsabilité de nos actions…

  • C’t’à  cause de mon patron, si je suis fatigué, il nous assomme de travail
  • C’t’à  cause de ma collègue si je n’ai pas fini ce dossier, elle ne m’a pas donné les infos
  • C’t’à  cause de la crise si….

Et oui.. Drôle mais sombre réalité !

Mes conclusions

Finalement tout ça c’est aussi grisant qu’agaçant, parce qu’on réalise que l’optimisme, le bonheur, ça ne dépend que de nous ! Nous avons notre part de responsabilité là -dedans, dont une énOOOrme part se jour au niveau de notre cerveau.

ff87ee31ba9687a63a53cf7d2a7d8c02Ce dont il est également ressorti de ce Printemps de l’optimisme, c’est qu’on voudrait tous pouvoir l’être (optimiste) sans ciller, mais que face à  la morosité de ceux qui nous entourent, eh bien parfois on se laisse aussi tirer vers le fond, c’est tellement plus facile. àŠtre optimiste, cela demande courage et détermination, mais c’est pour le meilleur 🙂

Terminons sur une petite note psycho-mathématique :

1 événement + 1 réaction = 1 effet

Pour Sophie Machot, la vraie variable de l’équation ci-dessus c’est la réaction, ou comment parvenir à  transformer les effets des petits et gros pépins gràce à  des émotions plus positives que celles qui nous viennent à  première vue ? à‡a, c’est l’optimisme.

Allez, bonne soirée à  tous !

Photo 1 / Jim Thompson House, Thaà¯lande, Janvier 2015 – Photo 2 / Dealerelite.net