"Foutez-vous la paix !" de Fabrice Midal - le livre anti-perfectionnisme

Perfectionniste, moi ??! Jamais ! Et pourtant…

Il y a quelques semaines de ça, un matin de Février,  je participe au petit déj d’un réseau de créativité que j’affectionne tout particulièrement : « Batterie Nouvelle ». Le thème du jour (même si je n’étais pas venue spécifiquement pour ça) me semble intéressant : le perfectionnisme. J’arrive légère comme une plume. Je me suis mise au yoga l’avant veille et je suis en mode total-namasté. L’intervenante du jour, une paysagiste passionnante et passionnée s’exprime sur son sujet, puis nous passons aux échanges entre les participants. Pour nous donner du grain à moudre, l’animatrice nous demande de réfléchir pendant cinq minutes à la création d’une liste : les 10 choses que je ferais si je ne devais pas les faire parfaitement.

Concentration. Après un bug de trois bonnes minutes, suivi d’un vide intersidéral, mon cerveau se remet en marche. Je trouve 6 choses, et pas des moindres. Ni plus ni moins mes 6 plus gros projets du moments, sur lesquels je gamberge tellement que j’avance au rythme d’un escargot. Zut, j’étais venue pour voir les copines du petit déj, pas pour me prendre la tête sur le thème du jour ! Moi qui pensais m’être sevrée du perfectionnisme… Raaaaa, non mais qu’il me colle celui-là ! Pire que le sparadrap du Capitaine !

 image du sparadrap

Après avoir fait le constat évident que je baigne encore et toujours dans le bain du perfectionnisme, me voilà donc repartie du petit déj bien décidée à lui faire sa peau (une bonne fois pour toutes). Mon arme fatale ? Le dernier opus de Fabrice Midal, Foutez-vous la paix, édité chez Flammarion, chaudement recommandé par l’une des participantes. Philosophe et écrivain, Fabrice Midal est apparemment l’un des principaux enseignants de la méditation en France. Très namasté tout ça. Quelques jours plus tard, je reçois le sésame ! Passée la petite déception du format (je m’attendais à un guide pratique, en fait c’est un essai philosophique – joies d’Amazon !), je me lance, et ça commence plutôt bien. L’intro dit :

« Depuis des années, je suis amené à animer des conférences et des séminaires dans des écoles, des entreprises, des hôpitaux. J’en ressors immanquablement avec le même constat : nous nous torturons à longueur de journée ».

Ha ! Bien dit !

Franchement, j’ai a-do-ré. Ce livre fait un bien fou. J’ai eu l’impression d’être sous Xanax pendant les 48 heures qui ont suivies. C’est libérateur, déculpabilisant, avec juste ce qu’il faut de provoc’. Le livre est construit sous la forme de 15 mini chapitres correspondants à des contre-injonctions / suggestions, du genre :

  • Cessez de vous comparer > soyez vous-même
  • Cessez d’avoir honte de vous > soyez vulnérable
  • Cessez de vous torturer > devenez votre meilleur ami
  • Cessez de vouloir être parfait > acceptez les intempéries
  • Cessez de rationaliser > laissez faire

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Allez, magnanime, je vous fais un petit résumé de celui qui correspond au perfectionnisme et qui s’intitule : « Cessez de vouloir être parfait > acceptez les intempéries »

Pour Fabrice Midal, notre quête de la perfection vient d’une origine très simple : nous refusons tout bonnement l’échec. Parce qu’enfants on ne nous a pas appris à le voir positivement, nous cultivons un sentiment de honte mêlé de culpabilité, lorsque nous y sommes confrontés. Et à grande échelle, cela devient donc culturel : « Notre obsession de la perfection nous amène à exercer à l’égard de nous-mêmes un harcèlement moral qui tomberait sous le coup de la loi si nous l’appliquions à l’encontre d’un tiers ! »

A force de nous auto-évaluer, de nous comparer aux autres et de nous auto-vérifier, on surenchérit en permanence car on considère que ce n’est jamais assez bien. Normal, on a créé une échelle au-delà de l’échelle. On peut donc passer beaucoup de temps à essayer de la dépasser puisqu’elle n’a pas de limite ! Et donc s’auto-détruire à petit feu …

perfection

Ce que j’adore, dans son essai, c’est qu’il soulève cette contradiction si forte et si vraie : cette imperfection, que nous détestons pour nous-mêmes, nous l’admirons pourtant chez les autres. Exemple : « Etrangement, nous avons honte de pleurer en public, mais nous sommes néanmoins émus par ceux qui osent exprimer leurs émotions ». Pourquoi ? Parce que la fragilité d’une personne fait partie de sa beauté intérieure, parce qu’elle nous reconnecte à ce qu’il y a de plus vrai et de plus beau chez elle : son humanité. Faisant du même coup sauter tous les verrous de l’apparence et de la superficialité. Alors pourquoi ne pas porter le même regard sur nos propres faiblesses ? Tiens, c’est vrai ça. Je n’y avais pas pensé !

Pour Fabrice Midal, accepter l’imperfection et les intempéries c’est donc se rebrancher à cette source précieuse qu’est notre émotion, c’est embrasser notre fragilité. « C’est quand on est le plus à nu, le plus authentique, quand on ne triche plus, que l’on trouve la possibilité de rencontrer les autres pour de bon. » Et quand on y réfléchit bien, c’est précisément ce qui fait le succès du storytelling en marketing, en communication et en prise de parole en public.

Son conseil se résume donc à cette phrase simple et puissante : « Faites de votre mieux, à partir de ce que vous êtes ». 

Ce qui implique les réjouissances suivantes :

  • Acceptez de vivre, de vous réjouir de la vie et de vous enthousiasmer !
  • Acceptez de sortir de l’angoisse du « faire » pour passer dans le « faire », dans le « vivre »
  • Faites-vous confiance et riez de vous-même !
  • Foutez-vous la paix !

Et vous, sinon, quelles sont les 10 choses que vous feriez si vous ne deviez pas les faire parfaitement ?

Allez, namasté !

Marion

 


Books // Décodage des « love dialects »

Mais non mais non, je ne suis pas tombée dans le Cupidon-coaching 😉

En fait, cela faisait plusieurs fois que j’entendais parler de l’ouvrage de Gary Chapman, « The 5 languages of love », alors je l’ai lu et je voudrais partager avec vous les clés principales de cette lecture très enrichissante ! Cet article est long, mais sachez que ce livre a changé la vie de nombreux couples… (teasing)

Allez, c’est parti !

Gary Chapman est un auteur, conseiller conjugal, pasteur et conférencier américain spécialiste du mariage et de la famille. Tout ça à la fois…! Il prodigue donc des conseils pour réussir son mariage, sa vie de couple, l’éducation de ses enfants, etc. Il a été rendu célèbre par le best-seller dont vous allez avoir la chance d’avoir un résumé et qui a (tout de même) été vendu à 5 millions d’exemplaires à travers le monde. Vaste programme !

En fait, Gary (ce sera plus simple de l’appeler par son prénom) part du postulat que « si nous voulons communiquer efficacement avec des personnes d’autres cultures, nous devons apprendre leur langue. Il en va de même dans le domaine de l’amour. Le langage de votre amour sentimental et celui de votre conjoint peuvent être aussi différents que le chinois l’est du français. »

A travers ses recherches, Gary a trouvé une sorte de grille de lecture et décelé 5 moyens d’expression principaux par lesquels chacun peut manifester son amour. Il a également constaté qu’il est rare dans un couple que 2 personnes s’expriment par le même moyen… bah oui, sinon ce ne serait pas drôle voyons ! Car ce qui procure le sentiment d’être aimé pour l’un ne l’est pas forcément pour l’autre.

Avant d’expliquer chacun de ces langages, il faut comprendre la métaphore de « réservoir émotionnel » utilisée par Gary. En gros, en chacun de nous se trouve un réservoir émotionnel qui ne demande qu’à être rempli d’amour. « Le besoin de se sentir aimé de son conjoint est au centre des désirs conjugaux. » Lorsque l’on se sent aimé, on se développe au top de nos capacités, mais lorsque notre réservoir affectif est vide, nous sommes meurtris. L’état du réservoir serait donc la clé de la santé du couple. Si nous trouvons le langage adapté à notre conjoint, nous trouvons le moyen de remplir son réservoir émotionnel.

Voici les 5 langages qui permettent de faire le plein !

1. Les paroles valorisantes – ce sont les compliments verbaux, les mots d’appréciation, les encouragements, les paroles qui font du bien et qui contribuent à ce que votre conjoint ait une bonne estime de lui-même. Exemple simplissime néanmoins efficace : « Comme tu es belle / beau ! » Pour les personnes sensibles à ce langage, recevoir des paroles valorisantes est un booster d’énergie, cela les mettra dans de belles dispositions. Pareil pour leurs qualités, leur potentiel : certaines personnes ont besoin d’être rassurées sur leurs ressources et n’attendent qu’un tout petit mot d’encouragement pour déplacer des montagnes.

A ce niveau, il me semble essentiel de partager une précision apportée par Gary : « Comprenez moi bien. Ne faites pas pression sur votre conjoint pour qu’il se lance dans ce que vous désirez. Il s’agit de l’encourager à concrétiser un désir qu’il possède déjà. Ainsi, certains hommes poussent leur femme à perdre du poids. Ils disent « je l’encourage », mais l’épouse l’interprète comme une condamnation. Ce n’est que lorsqu’elle désire vraiment perdre du poids que vous pouvez l’encourager. Tant qu’elle n’éprouve pas cette envie, vos paroles résonnent plutôt comme un jugement destiné à faire naître ou à accentuer la culpabilité. Elles expriment le rejet, et non l’amour. » Arf, ben oui, la précision avait sa petite importance !

Les personnes dont le langage est constitué par les paroles valorisantes seront particulièrement sensibles à la manière dont vous leur parlez. « La phrase « Je serais ravi de faire la vaisselle ce soir » lancée sur un ton railleur ne sera certainement pas reçue comme un message d’amour », précise Gary. Elles seront également heureuses de se savoir valorisées, de savoir que l’on dit du bien d’elles. Si le langage d’amour de votre conjoint est celui-là, Gary vous préconise donc de ne pas hésiter à le mettre en valeur en société, en sa présence ou en son absence. Cela lui reviendra toujours par une tierce personne, pour son plus grand bonheur.

2. Les moments de qualité – il s’agit là du temps passé ensemble dans une optique de partage, d’échange, dans des activités appréciées par au moins l’un des deux conjoints, avec une attention totale à l’autre. Clarifions tout de suite la question qui nous brûle les lèvres grâce à Gary : « Ce n’est pas s’asseoir à côté de lui pour regarder la télé. Car dans ce cas, c’est le programme télé qui capte votre attention, pas le conjoint. Rester assis sur le divan, pourquoi pas, mais la télé éteinte pour pouvoir se regarder et se parler en s’accordant mutuellement une profonde attention. » Beaucoup plus clair. Les personnes dont c’est le langage principal réclament donc de l’attention de la part de leur conjoint, et le partage de moments ensemble. On peut être physiquement proches lorsque l’on vit sous le même toit, mais cela ne signifie pas pour autant que l’on est sur la même longueur d’ondes, affectivement proches.

Les personnes sensibles à ce langage ont besoin de renforcer leur sentiment de complicité avec leur conjoint, de sentir qu’ils prennent soin l’un de l’autre et aiment particulièrement être ensemble. Peu importe l’activité : aller au resto, partir en rando, aller voir un spectacle, faire un pique nique, une promenade, aller au marché, faire les antiquaires, etc.

Le dialecte principal des moments de qualité, c’est le dialogue. Donc si votre conjoint est sensible au dialogue, il attendra de votre part une oreille attentive, une écoute bienveillante, il appréciera que vous lui posiez des questions afin de mieux comprendre ses pensées et ses sentiments. Il attendra moins des solutions ou des conseils qu’une attention profonde et sincère.

Voici 3 éléments essentiels pour qu’un moment accède au label qualité :

  • « l’un des deux au moins désire l’entreprendre,
  • l’autre accepte de s’y associer,
  • les deux savent pourquoi ils la font : s’exprimer mutuellement leur amour en étant ensemble »

3. Les cadeaux – Qu’ils soient des objets achetés ou des créations personnelles home-made, les cadeaux sont des symboles d’amour visibles. Gary précise : « Un cadeau est quelque chose que vous pouvez tenir dans votre main en vous disant : « Regarde, il a pensé à moi » ou « Elle s’est souvenue de moi » (…) Le cadeau n’en est que le symbole. Sa valeur marchande n’a aucune espèce d’importance. Ce qui compte, c’est qu’on ait pensé à vous. »

Le langage des cadeaux implique forcément une dimension financière… A ce titre, Gary précise : « Si vous êtes plutôt d’un tempérament dépensier, vous n’aurez pas de difficulté à faire des cadeaux à votre conjoint. En revanche, si vous êtes économe, vous devrez surmonter quelques résistances émotionnelles lorsque vous voudrez lui acheter un présent (…) Par votre façon de gérer l’argent, vos répondez à vos besoins émotionnels. Vous ne répondez pas à ceux de votre conjoint. Lorsque vous aurez compris qu’il est particulièrement sensible au langage des cadeaux, vous saurez qu’en lui en achetant, vous faites le meilleur investissement qui soit. Vous utilisez votre argent à l’amélioration et à l’approfondissement de votre relation sentimentale en remplissant le réservoir émotionnel de votre partenaire. » Je ne sais pas pourquoi mais je sens que je vais me faire des copines rien qu’avec ce paragraphe moi :-)

Dans la catégorie des cadeaux, nous avons également le « don de soi », qui consiste à être présent dans les moments où votre conjoint en a besoin, et qui selon Gary constitue le plus inestimable des cadeaux. « Dans les moments de crise, la présence physique est le cadeau le plus efficace que vous puissiez donner si votre conjoint est sensible au langage des cadeaux. »

4. Les services rendus – Comme l’indique leur nom, ils désignent tous les services qu’un conjoint peut effectuer dans l’objectif d’améliorer le quotidien de l’autre : laver la voiture, faire la vaisselle, tondre le gazon, faire les courses, promener le chien, e tutti quanti. Pas glamour, me direz-vous. En fait, exprimer son amour via les services rendus consiste à décharger l’autre en faisant certaines choses pour lui, avec l’intention de lui montrer qu’on l’aime. Selon Gary, « ils exigent tous de la réflexion, de l’organisation, du temps, de l’effort et de l’énergie. »

Sur ce langage, Gary nous met en garde contre les stéréotypes… hum hum. « Pour apprendre le langage d’amour des services rendus, certains auront besoin de revoir et corriger les clichés sur les rôles spécifiques de l’homme et de la femme (…) A cause des mutations sociologiques des trente dernières années, il n’existe quasiment plus de stéréotypes masculins ou féminins dans la société occidentale. Cela ne veut pas dire pour autant qu’il n’en existe plus aucun (…) Quelle que soit votre perception des choses, il est fort probable que votre conjoint conçoive les rôles respectifs du mari et de la femme différemment de vous. Il faut donc être prêt à examiner et, si nécessaire, à changer de modèles pour mieux pouvoir exprimer l’amour. Un conjoint n’a aucun mérite à s’accrocher à un stéréotype, mais il a tout à gagner à savoir répondre plus précisément aux besoins affectifs de son partenaire. »

Voilà voilà. Je n’ajouterai rien à cela, je suis pour la paix des ménages !

5. Le contact physique« Le toucher est un puissant moyen pour communiquer son amour. L’étreinte des mains, les baisers, les enlacements, les relations sexuelles sont autant de façons de faire ressentir au conjoint qu’il est aimé. Pour certaines personnes, le toucher est le langage de l’amour qu’elles comprennent le mieux. Si elles bénéficient de ce toucher, leur réservoir émotionnel est plein, et elles se sentent en sécurité (…) A contrario, sans ce contact, elles ne se sentent pas aimées. »

Dans nos sociétés, le contact physique est vecteur d’émotions. Lorsqu’une personne refuse de serrer la main d’une autre, elle lui fait comprendre qu’il y a un obstacle à la relation. Dans les moments difficiles, nous ressentons le besoin de nous enlacer, de nous embrasser, c’est un témoignage d’amour. A ce titre, si votre conjoint est sensible au toucher, il est particulièrement important de le prendre dans vos bras lors de moments de peine, car il se sentira aimé, sécurisé. Ces gestes-là auront plus d’importance que tous les mots que vous pourrez utiliser pour le / la réconforter.

Une dernière considération concerne le toucher à connotation négative. Les personnes dont le contact physique est le principal langage seront très sensibles à des gestes déplacés, même ceux qui peuvent paraître les plus insignifiants. En leur présence, il est donc préférable de maîtriser ces mouvements, par exemple éviter de repousser la personne physiquement.

Mais alors… comment découvrir son langage de l’amour ?

A la lecture de ce post, vous vous êtes peut-être reconnu(e) dans certains langages, ou peut-être même avez-vous identifié les traits de caractères de votre conjoint(e) dans les différentes descriptions. Ou peut-être que vous n’en avez pas la moindre idée !

Pour vous faciliter le boulot, voici la façon la plus simple d’identifier le langage de votre conjoint(e) :

« Les reproches que mon conjoint me fait à propos de mon comportement me fournissent l’indice le plus clair sur le langage auquel il est le plus sensible (…) C’est [sa] façon – inefficace – de réclamer de l’amour. Si nous comprenons ce principe, il peut nous aider à considérer les reproches et les critiques sous un jour plus positif et plus utile. »

Pour ce qui est de votre langage de l’amour, dans le cas où ça intéresse votre conjoint(e) – je blague, voici 3 moyens de le découvrir :

  1. « Dans ce que votre conjoint fait ou omet de faire, qu’est-ce qui vous blesse le plus ? L’inverse correspond vraisemblablement au langage d’amour le plus expressif pour vous.
  2. Qu’avez-vous le plus souvent réclamé de votre conjoint ? C’est probablement ce qui vous donne le mieux le sentiment d’être aimé.
  3. Comment exprimez-vous généralement votre amour à votre conjoint ? Ce moyen est celui qui, en retour, vous donne le sentiment d’être aimé »

Et voilà pour cette page un peu spéciale, j’espère que cette démystification des langages de l’amour vous a plu :-)

Allez, tournez ménages !

Photo / Joaquinmayayo.com/2013/03/un-reportaje-de-boda-con-solo-dos-clicks/