Imposteur ! Anatomie d'un syndrome

Le fameux syndrome de l’imposteur… Il toucherait pas moins de 60 à 70% des personnes à un moment ou à un autre de leur vie, et plus particulièrement au cours de leur carrière professionnelle. C’est énorme.

En quoi est-ce que ça consiste ? Selon Wikipédia, « les personnes atteintes du syndrome de l’imposteur, appelé aussi syndrome de l’autodidacte, expriment une forme de doute maladif qui consiste essentiellement à nier la propriété de tout accomplissement personnel. Ces personnes rejettent donc plus ou moins systématiquement le mérite lié à leur travail et attribuent le succès de leurs entreprises à des éléments qui leur sont extérieurs (la chance, un travail acharné, leurs relations, des circonstances particulières). Elles se perçoivent souvent comme des dupeurs-nés qui abusent leurs collègues, leurs amis, leurs supérieurs et s’attendent à être démasquées d’un jour à l’autre. »

Les symptômes ? Avoir le sentiment d’avoir volé sa position à quelqu’un d’autre, de ne pas être à la hauteur, de ne pas avoir mérité ce que l’on a, de ne pas être à sa place, s’identifier comme « incompétent » et surtout, surtout, craindre qu’un jour les autres ne s’en aperçoivent . Et ce, même si l’on sacrément cravaché pour y arriver.

Vous l’aurez compris, le syndrome de l’imposteur est étroitement lié à l’anxiété sociale (le regard des autres), et il est une manifestation d’une faible estime de soi. Bien heureusement, on en guérit ! Alors avant de comprendre comment, essayons de faire le tour de la question.

Chez qui ?

Il se manifesterait davantage sur une population de femmes, même si les hommes n’en sont pas à l’abri. Il toucherait plus particulièrement les personnes dites « surdouées » (qui attribuent leur réussite à leur « haut potentiel), les autodidactes (le complexe du diplôme) et les personnes ayant bénéficié de discrimination positive.

Pourquoi chez les femmes plus particulièrement ? Cela s’expliquerait (j’insiste sur l’emploi du conditionnel…!) par la difficulté pour les femmes à s’affirmer en tant que leaders sur certains marchés surinvestis par les hommes. Sheryl Sandberg, n°2 de Facebook et 5ème femme la plus puissante au monde selon le magazine Forbes, cite dans son livre En avant toutes, des exemples de réunions ou de conférences au cours desquelles les femmes se font plus discrètes que les hommes, lèvent moins la main, posent moins de questions et n’osent pas défendre leur point de vue. Elle affirme ainsi que « les femmes souffrent du syndrome de l’imposteur, d’un fossé dans l’ambition du leadership« .

Pour quelles raisons ?

On trouve plusieurs raisons au syndrome de l’imposteur. La première au palmarès étant celle de ne pas reconnaître son talent, c’est-à-dire d’attribuer les mérites de la réussite à tout sauf à ses capacités personnelles. Ma promotion ? Oh tu sais, c’est un coup de bol. Ma mention à l’examen ? Arf, les sujets étaient fastoches. La négo remportée avec ce client ? Oh, il était super gentil.

On a aussi la peur d’échouer (de toutes façon je suis trop stupide pour y arriver … non mais je ne suis pas assez -ceci- pour faire -cela-) et la peur de réussir. Oui, parce que réussir c’est prendre le risque d’avoir encore plus de responsabilités, de monter d’un cran, et d’avoir encore moins les épaules pour. C’est aussi l’angoisse d’un avenir qu’on ne maîtrise pas et qui fait donc perdre en sécurité.

Il y a aussi le perfectionnisme, qui conduit à avoir un parcours sans fautes et à ne s’orienter que vers ce que l’on maîtrise et que l’on est certain de réussir.

Enfin, les raisons peuvent trouver leur origine dans le contexte culturel ou familial. Être écrasé par un modèle parental (et ne pas réussi à s’en affranchir),  venir d’un milieu modeste, réussir brillamment sa carrière (et avoir le sentiment de trahir ses origines), avoir grandi en tant que fille dans une famille où l’on ne valorisait que les garçons – ou l’inverse (et douter de ses capacités).

Comment « l’imposteur » s’y prend-il ?

Celui-qui-s’imagine-incapable met en place des stratégies poussées (conscientes ou inconscientes) pour masquer l’escroquerie dont il se sent coupable. Ah oui, parce qu’on est d’accord que la culpabilité c’est clairement ce qui différencie un faux-imposteur d’un vrai-imposteur. N’est-ce pas Léo ? (référence à Attrape moi si tu peux, pour ceux qui auraient hiberné en 2002).

Je disais donc… que le soit-disant-imposteur met en place des stratégies d’entourloupe pour masquer sa soit-disant-escroquerie. Il y en a deux :

  • La stratégie d’overdoing, qui consiste à investir une énergie bien supérieure à celle nécessaire pour accomplir une tâche, afin d’augmenter sa probabilité de succès. Cela permet à la personne d’attribuer sa réussite à cette grosse quantité de travail plutôt qu’à sa propre valeur et à son potentiel.
  • La stratégie d’underdoing, qui consiste à se préparer trop tard et trop peu par rapport à la tâche à accomplir, et de pouvoir ainsi se protéger en cas d’échec (elle pourra de dire qu’elle aurait pu réussir si elle avait travaillé davantage). En cas de succès, cela lui permettra d’attribuer sa réussite à la chance.

Dans les deux cas, le soit-disant-imposteur entre dans un cercle vicieux d’angoisse, puisqu’il envisagera l’avenir avec inquiétude et incertitude, n’étant pas sûr de pouvoir reproduire aussi bien ses succès (puisqu’il les pense indépendants de sa valeur).

Comment cela se manifeste t-il auprès des autres ?

Le Huffington Post résume en 5 points les « indices vous permettant d’identifier le syndrome d’imposture chez vous ou au sein de votre équipe de travail :

1. Renie le succès car elle ne se sent pas à la hauteur des compétences qui lui sont reconnues. Croit qu’on ne mérite pas la promotion, les félicitations, le succès, à la suite d’un bon coup ou lors d’une progression professionnelle rapide. Attribue plutôt son succès à la chance, au hasard et se persuade qu’on va découvrir combien on s’est trompé à son sujet.

2. Doute de ses compétences au moment d’une promotion vers un poste de direction, lors de l’attribution de nouvelles responsabilités ou lorsque la personne doit superviser des gens qui ont des niveaux de scolarité supérieurs au sien.

3. Remet à plus tard des décisions importantes non pas à cause d’indécision ou d’incompétence face à la tâche, mais plutôt parce que la personne a le sentiment que ses décisions peuvent la mettre en situation d’être démasquée ou que l’on puisse voir au grand jour combien elle n’est pas à la hauteur.

4. Prend la fuite au moment de rendre des comptes, de prendre la parole en public ou de se retrouver devant les feux de la rampe, la personne s’esquive, trouve un prétexte, nomme un remplaçant, annule, reporte ou prend congé. Elle a véritablement le sentiment qu’en réalisant la tâche qui la mettra en valeur, on verra bien qu’elle est un imposteur.

5. Travaille de façon excessive devient exigeante face à elle-même, perfectionniste et travaille davantage, sans qu’on lui ait demandé de le faire. Ou bien cumule une variété de formations, parfois même sans transférer ses acquis dans son milieu, toujours sous la croyance qu’elle n’a pas assez de compétences. »

Comment s’en affranchir ?

Avant toute chose, il faut quand même rappeler que le doute est sain. L’incertitude c’est aussi ce qui nous permet d’avancer dans la vie, d’avoir un recul introspectif pour mieux repartir, même si ce n’est pas très confortable. Sans un peu de doute, on serait tous des individus arrogants en puissance, non ? Bref, tout ça pour dire que douter ne signifie pas pour autant avoir le syndrome de l’imposteur.

Bon alors, pour s’affranchir du syndrome de l’imposteur… D’abord, il faut se faire à l’idée que s’en débarrasser c’est changer le regard que l’on se porte à soi-même. Comme l’explique Bruno Lefebvre, psychologue clinicien : « Ceux qui souffrent du syndrome de l’imposteur, tout comme les perfectionnistes, courent souvent après LA réussite ultime qui les délivrera enfin de ce sentiment d’usurpation. C’est une illusion à laquelle il faut renoncer pour guérir. Renoncer aux signes de reconnaissance externes pour se construire sa propre opinion sur soi. Ce n’est pas la réussite qui soigne, mais bien le changement de regard que l’on apprend à porter sur soi. »

Pour ce faire, il faut commencer par arriver à différencier 3 choses :

  • Ce que les autres pensent de moi (= ce qu’ils disent vraiment de moi)
  • Ce que je m’imagine que les autres pensent de moi (= le fruit de mon imagination négative)
  • Ce que je pense de moi

Vous imaginez bien que dans le lot c’est clairement le n°2 qui pose problème et qui pollue le n°3.

Mais reprenons du n°1 : ce que les autres pensent de moi. Il s’agit donc là de ce qu’ils me disent (félicitations, reconnaissance d’un travail effectué, etc.). Bon, soyons concrets, s’ils me le disent, c’est qu’ils savent ce qu’ils font. Ils sont clairvoyants, il connaissent la valeur des personnes, et ils savent reconnaître la mienne. Ils ne sont pas incompétents ! Chose difficile mais foncièrement utile : il faut donc arriver à leur faire confiance.

Ensuite, ce que je m’imagine que les autres pensent de moi… WARNING ! Là on entre dans la catégorie des pensées dévalorisantes. C’est à dire que les paroles des personnes autour de moi sont passées au filtre du « oui mais ils ne savent pas que je suis incompétent ». On est d’accord, ce sont ces pensées-là qu’il faut arriver à éradiquer. Allez houste ! Non sans rire, il faut vraiment les identifier pour les reconnaître (salut toi) et les laisser passer (allez, ciao). L’objectif ? Ne pas leur donner raison. Pensez au ratio avantage/inconvénient à laisser ces pensées vous envahir. Est-ce que ça vous aide pour avancer dans la vie, de les écouter ? Non. Alors alors.

Last but not least : ce que je pense de moi. Là on est dans le dur, puisqu’on touche à la confiance et à l’estime de soi. Comment arriver à rendre ces pensées-là postives ? D’abord, en se reconnaissant en tant qu’être humain, c’est-à-dire avec ses potentiels et ses limites, ses qualités et ses défauts. En arrêtant de vouloir jouer le rôle du 100% parfait dans sa vie. Tiens, Bruno Lefebvre porpose un truc pour ça. Pensez à quelqu’un que vous admirez profondément. N’a t-il/elle pas lui/elle aussi ses limites ? Et pourtant, ça ne vous empêche pas de l’estimer au plus haut point ! Alors pourquoi ne vous accorderiez-vous pas la même bienveillance?
C’est important, vraiment. Le Huffington Post confirme : « Le complexe d’imposture nous apprend combien la reconnaissance extérieure peut s’avérer sans valeur aucune, lorsqu’on ne se reconnait pas soi-même d’abord. »

Pour d’autres, faire grandir sa confiance en soi c’est aussi accepter de prendre des risques. Sheryl Sandberg (la n°2 de Facebook), rapporte dans son livre ce que Virginia Rometty (première femme CEO d’IBM) a compris  : « Très tôt dans sa carrière, elle s’est vue proposer un « super job ». Inquiète sur son manque d’expérience elle indique au recruteur qu’il lui faudrait un peu de temps pour y réfléchir. Cette nuit-là, elle discute avec son mari qui lui fit cette réflexion « Penses-tu que c’est de cette façon-là qu’un homme aurait répondu » ? «  Ce qui m’apparaît, c’est qu’il faut que tu sois très confiante. Même si tu doutes énormément au fond de toi à propos de ce que tu sais ou ne sais pas. Et ça, pour moi, nous amène à la notion de savoir prendre des risques ».

Bon, au final, il se jeter dans le grand bain, quoi :)

Voilà ce que je pouvais vous raconter sur le syndrome de l’imposteur les amis.

Sur ce, je vous souhaite une bonne semaine !

Photo 1 – Muse.ca / Photo 2 – Carnets2psycho.net


Les secrets de l'organisation

Bon ok, le titre de ce post est assez présomptueux, mais rassurez-vous je ne vais pas vous donner mes tips (j’en serais bien incapable !), mais les tips de personnes qui ELLES ont compris les secrets de l’organisation. Pfiou, nous voilà rassurés.

On est tous d’accord sur un point, l’élément le plus précieux et qui manque à (presque) tous les habitants de la planète Terre, c’est le temps. Bah oui, on passe notre vie à courir à droite à gauche, à prendre du temps pour faire des trucs qui ne nous font pas toujours plaisir (paperasse et autres réjouissances) et à ne pas en prendre pour des trucs qui nous tiennent à cœur. Mais rassurez-vous, il y a des pistes de solutions !

C’est urgent ou important ?

Commençons par le commencement. Un jour, quelqu’un a déclaré : « Ce qui est important est rarement urgent et ce qui est urgent rarement important ». Mmhhh, bigrement philosophique. C’était Dwight D. Eisenhower, 34e président des États-Unis d’Amérique. Ce morceau de sagesse a permis d’élaborer une méthode pour trier les tâches en fonction de deux paramètres : l’urgence et l’importance. Bah oui, parce qu’on l’oublie souvent, mais faire la différence entre quelque chose d’urgent et quelque chose d’important ça permet de mieux trier ses projets. Illustration :

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Voici un résumé de ce que recouvre chaque case, avec en italique la description officielle (Wikipédia), et en dessous mes commentaires :

  • Vert : activités importantes et urgentes > tâches à exécuter immédiatement et soi-même

En gros, là-dedans on trouve les gros dossiers, crises, deadlines, appels importants, problèmes urgents. Bref, on ne rigole pas trop avec cette case-là. On s’y attèle rapidos et soi-même, pour s’assurer que les tâches concernées soient bien réalisées (on n’est jamais mieux servi que par soi-même…)

  • Jaune : activités importantes mais peu urgentes > tâches pour lesquelles il est possible d’attendre ou de déléguer

Eh bien sous ses petits airs bien sages, cette case est en fait la plus importante. Elle recouvre les projets qui nous changent vraiment la vie, ceux dont on a pas le temps de s’occuper. On sait que c’est important, et pourtant c’est la case verte qui prend la priorité. Typiquement, ça pourra être, sur le plan professionnel, le fait de planifier son activité, de mieux s’organiser, d’entretenir son réseau, d’effectuer une veille concurrentielle, de faire cette formation dont on a envie depuis longtemps, etc. A titre perso, ça pourrait être de passer du temps avec quelqu’un d’important pour nous, d’avoir des projets qui concourent à notre épanouissement, de mener une réflexion de fond sur un sujet qui nous tient à cœur, etc. Je relativiserais donc largement le « tâches pour lesquelles il est possible d’attendre », si vous voyez ce que je veux dire.

  • Rouge : activités urgentes mais peu importantes > tâches à exécuter soi même ou à déléguer rapidement

Bon là en revanche, c’est le panier à merdouilles. Tous les parasitages extérieurs qui s’imposent à nous et que l’on n’a pas choisis, les trucs insignifiants qui ont l’air importants juste parce qu’ils ont une date limite. Au niveau pro, ça va être les réunions sans importance, les mails et appels parasites qui vous détournent des projets importants. L’opérationnel, quoi. Dans la mesure du possible, c’est plutôt mieux de les déléguer effectivement. Mais bon, ce n’est pas toujours possible.

  • Bleu : activités inutiles > tâches à abandonner

Oubliez tout ce qui se situe là-dedans ! Ce sont tous les trucs qui vous font perdre du temps et qui ne vous rapportent rien. Pas la peine de détailler avec des exemples, on en connaît tous… (bon ok, puisque vous insistez, genre les commérages à la machine à café…!).

L’idée à retenir de cette matrice, d’un point de vue « développement personnel », c’est que nos vies sont accaparées par la case verte (urgent / important), et que cela nous amène à repousser le moment où nous nous occuperons de la case jaune (pas urgent / important). Pourtant, c’est bien dans cette dernière case que se situent tous les items qui nous rapprochent de la vie que l’on a envie de mener, et qui nous évitent de nous retrouver dans le stress de la case verte.

Application directe > Faites une liste de vos projets / trucs à faire, et répartissez-les dans les cases

Notre ennemie jurée : la procrastination

Rien que de le prononcer, ce mot, il fait déjà mal … Bref. La procrastination, c’est le truc auquel on se retrouve confrontés 90% du temps dans notre organisation. Et contrairement à une idée bien répandue, ça n’a rien à voir avec la flemme (je sens que je vais me faire des copains là). En fait, la procrastination c’est un genre de cercle vicieux qui ressemble à ça (infos de l’Université de Montréal) :

Tâches à accomplir
Énergie disponible → Stress
Élaboration du plan de stress; le plan d’action
est mis de côté, l’anxiété de la performance
augmente.
Discours intérieur de dévalorisation
Découragement devant l’ampleur de la tâche
Peur de l’échec
Impossibilité de planifier le plan d’action
Dépit, honte
Diminution de l’estime de soi
Et le cycle continue.
La personne ne croit pas en ses capacités, puisqu’elle n’a pu les mettre à l’épreuve dans un projet concret. Elle a une fois de plus été en contact avec un sentiment d’échec et d’incapacité.
Elle entreprendra un autre projet avec beaucoup d’anxiété, puisqu’elle ne sera pas certaine de le rendre à terme
    .
Bon évidemment, vu comme ça c’est un peu déprimant. Mais ça permet de comprendre que notre procrastination correspond en fait à des peurs :
  • La peur d’échouer (on appelle ça aussi le perfectionnisme) : on a des attentes tellement élevées par rapport au résultat que cela nous empêche de nous y mettre, parce qu’on s’auto-persuade (inconsciemment bien sûr) que le résultat ne sera jamais à la hauteur de nos ambitions.
  • La peur de réussir : bizarrement, oui. D’abord parce que réussir un projet ça veut dire le faire passer du rêve à la réalité, et qu’il y a du désenchantement là-dedans. Ensuite parce que réussir, ça implique d’autres changements pour après, par exemple monter au grade supérieur dans une entreprise, ou alors se voir proposer un poste à l’étranger, etc. Des changements auxquels on potentiellement pas envie d’accéder, inconsciemment.
  • Une évaluation déformée de la tâche : parfois, la tâche revêt une importance telle que l’on se fait une réalité complètement erronée de son contenu, ou du temps nécessaire à la réaliser. En gros, on s’en fait tout un monde. La fameuse citation de Sénèque quoi… « Ce n’est pas parce que les choses sont difficiles que nous n’osons pas. C’est parce que nous n’osons pas qu’elles sont difficiles ».

Bon, comprendre pourquoi on procrastine ça fait déjà du bien. Ce qui serait encore mieux, ce serait de savoir comment s’en débarrasser !

« Getting things done »

C’est le titre d’un bouquin écrit par un (autre) américain génial : David Allen. Un best-seller qui est ni plus ni moins une méthode de gestion des priorités quotidiennes. Parmi les conseils qu’il dispense, David Allen recommande de penser nos priorités en termes « d’actions suivantes ».

Explication : au lieu de noter sur votre to do list « commencer mon mémoire de fin d’études », qui donne tout sauf envie de s’y mettre, noter plutôt « lister les points que j’ai envie d’aborder dans mon mémoire ».

Quelle est la différence me direz-vous ? Eh bien un projet se décompose d’actions et de micro-actions, de la même façon qu’un escalier se compose de plusieurs marches. Et lorsque l’on a une idée assez approximative des actions à mener dans le cadre d’un projet, on se crée une montagne de leur ampleur, on s’imagine qu’elles vont nous prendre des heures ou être hyper complexes (voir « évaluation déformée de la tâche » dans la paragraphe précédent). On se met donc une énorme barrière psychologique avant même d’avoir amorcé le moindre début de commencement. Envisager les actions suivantes, cela permet donc de démystifier ses projets, de les décomposer en petites actions et de mettre un nom sur chaque « étape suivante ». Et croyez-moi, ça va faire un bien fou à notre cerveau qui trouvera l’ampleur du truc nettement plus à sa portée et aura mille fois plus envie de s’y mettre.

La question à se poser est donc > « Si je m’y mettais maintenant, tout de suite, quelle est la première action que je ferais ? » Passer un coup de téléphone à telle personne, faire une recherche sur Google pour vérifier telle info, sortir tel document … »

Pour être sûr et certain que votre « action suivante » en est bien une, voici ce que vous devez vérifier :

  • Elle n’est pas décomposable en plusieurs actions, elle constitue une seule action indivisible (exemple : « convoquer une réunion » ne rentre pas dans la catégorie, en revanche « envoyer un email à mes collègues pour connaître leurs disponibilités la semaine prochaine », puis « appeler la réceptionniste pour réserver la salle » en sont)
  • Elle est formulée avec un verbe et un but (exemple : « aller sur Amazon pour acheter le bouquin xxx », « appeler mon coach pour prendre rendez-vous avec lui », « envoyer un email à bidule pour savoir s’il est libre à telle date », etc.)

Si vous avez beaucoup d’actions à mener, David Allen préconise de les regrouper par contexte, pour gagner en efficacité. Typiquement, cela consiste à mettre ensemble tous les items qui revêtent la même forme. Exemple : « mails » (pour tous les mails à envoyer quand je serai devant mon ordi), « appels », « à faire sur internet », etc.

Voilà mes petits loups, en espérant que ces tips pourront vous aider, je vous souhaite de beaux projets d’organisation et un bon weekend !

Photo 1 / Mudstarceramics.com – Photo 2 / Dikeo.fr


Portraits de génies // Mercedes Erra, intrépide & fonceuse

Pour ceux qui ne la connaissent pas, Mercedes Erra c’est la reine de la Pub : co-fondatrice de l’agence BETC, elle a en 20 ans réussi à classer sa boîte parmi les agences les plus créatives au monde. Air France, « Faire du ciel le plus bel endroit de la Terre », Evian « Déclarée source de jeunesse pour votre corps », Petit Bateau et les âges exprimés en mois… Tout ça, c’est Mercedes. En deux mots : une femme visionnaire.

Pourquoi vous parler de Mercedes? Parce que j’ai eu l’occasion de la voir s’exprimer lors d’une conférence l’année dernière, et qu’elle ma fascinée par son patate, sa simplicité et son franc-parler. Enfin surtout par son franc-parler d’ailleurs. Avec Mercedes, pour les chichis, les non-dits et les formules gnangnans, on repasse. Du coup j’ai eu envie de vous résumer en quelques points la philosophie de Mercedes, sans aucun doute celle qui l’a menée là où elle est maintenant d’ailleurs. Ça vous paraîtra peut-être très tourné entrepreneuriat, mais regardez-y à deux fois. Vous allez voir que ce sont surtout des règles de vie que l’on peut s’appliquer tous les jours, que l’on soit entrepreneur ou non. Let’s go !

Être impactant, comprendre les besoins des autres et accueillir l’échec

« J’aime pas tout ce qui est mou ». C’est pas de moi, c’est de Mercedes :) Selon elle, pour se distinguer (de ses concurrents, notamment), il faut être impactant. « On se plante quand on fait des trucs mous, il faut faire des trucs forts ». Bon, pour quelqu’un qui bosse dans la communication, vous allez me dire que ce n’est pas d’une originalité criante. Mais réfléchissons-y, cela s’applique aussi à notre attitude, à nos comportements. Marquer par son passage, c’est important. Quitte à prendre des risques, donc.

Pour être sûr de ne pas se tromper, il faut aussi comprendre à 100% les besoins de son client. C’est très bien de faire un truc joli et tout ce qu’on veut, mais si on ne fait pas quelque chose d’utile aux autres, ça ferme les opportunités de business. « Il ne faut pas chercher à tout prix la différence, l’enjeu des entrepreneurs c’est de répondre à un besoin, l’enjeu ce n’est pas l’originalité, ce n’est pas l’écart, c’est de comprendre si on résout une problématique pour les gens. En règle générale, quand on résout une problématique pour les gens, on a des succès. Les marques qui se regardent trop le nombril, elles fonctionnent beaucoup moins bien que les marques qui rendent un service aux gens. » 

Son crédo : « On ne persuade les autres qu’en les écoutant ». Mmmhh, j’ai bien envie de dire que c’est un credo applicable de façon bien plus large… à bon entendeur !

Enfin, savoir accueillir l’échec. S’en remettre. Et se relancer, plus fort encore, grâce aux expériences loupées ! « Les projets c’est très difficile à dire « ça marche, ça marche pas », il faut faire, et puis il faut regarder, et puis si ça se casse la gueule, il faut recommencer, et puis c’est tout (…) L’échec c’est un truc formidable, moi parfois j’ai raté certaines publicités, j’ai essayé d’expliquer à mes clients que c’était pas le moment de me quitter, parce que j’étais en pleine forme pour en trouver une qui allait marcher, parce que j’avais compris où étaient les erreurs. » L’échec, socle de la réussite en quelque sorte.

Les relations aux autres : authenticité, franchise, conviction

Interrogée lors d’un interview pour savoir s’il est important pour les candidats de dire les choses en entretien de recrutement, Mercedes répond sans détour : « la clarté, la simplicité, le tempérament de dire ce qu’on pense, d’être authentique, c’est quand même très efficace et puis c’est moins compliqué (…) j’aime mieux qu’ils se trompent, qu’ils disent des bêtises, mais qu’ils disent quelque chose (…) moi j’aime bien les gens qui ont un point de vue. Je pense qu’il vaut mieux rêver, croire que l’on peut bouger le monde, que croire qu’il faut faire attention et qu’il ne faut pas énerver la personne qui est devant. Trop de respect nuit. »

Ça, Mercedes ne se cache pas derrière son petit doigt, c’est sûr. Quand on lui demande ce qu’elle pense de quelque chose, elle le dit, quitte à bousculer un peu. Bon évidemment, c’est le contraire de ce que nous ont appris l’école et nos parents, c’est sûr. Mais à bien y réfléchir, les conventions sociales nous mettent pas mal de bâtons dans les roues à ce niveau-là. Finalement, rien ne correspond plus à la description faite ci-dessus par Mercedes qu’un… enfant ? Spontané, naturel, idéaliste… Bon, c’est un autre sujet, mais quand même !

Pourquoi ça nous paraît si compliqué, de dire ce qu’on pense ? Par crainte du regard des autres, souvent. Par peur de se tromper, aussi. A ce sujet, voici ce que pense Mercedes : « Il ne faut pas être trop inquiet de l’image que l’on donne (…) Je pense que quand on complique un peu trop, qu’on se met trop en scène, finalement c’est le contraire du bon fonctionnement (…) ça marche très bien l’authenticité et le naturel ! »

C.Q.F.D.

En quelques mots, Mercedes Erra c’est une cocktail dynamique d’idées sacrément aidantes et salutaires :

  • Ne pas se mettre de frein(s)
  • Ne jamais complexer
  • Ne pas avoir peur de se planter

Vous en reprendrez bien une p’tite dose ?

Photo / Ted x HEC Paris


Repérer et bichonner ses « activités de flow »

Ahhh les activités de flow… Je les ai avais rapidement évoquées dans mon dernier article, puisqu’elle font partie des 7 composantes de la vie des gens heureux. Les 6 autres étant énumérées ici pour les curieux (à juste titre !).

J’ai choisi de leur dédier un post parce que je trouve qu’elles font le sel de la vie, et qu’il est essentiel de repérer les siennes pour mieux les valoriser.

Alors, alors, qu’est-ce qu’une activité de flow ?

Un bon vieux Wikipédia pour ouvrir le sujet, on a encore rien trouvé de mieux : « Le flow, littéralement le flux en anglais, est l’état mental atteint par une personne lorsqu’elle est complètement immergée dans ce qu’elle fait, dans un état maximal de concentration. Cette personne éprouve alors un sentiment d’engagement total et de réussite. » C’est un concept qui a été élaboré par Mihaly Csikszentmihalyi (n’essayez pas de prononcer…), un psychologue hongrois considéré par ses pairs comme le plus grand chercheur au monde sur la psychologie positive, rien que ça.

Ces « moments de grâce », comme les a baptisé Florence Servan-Schreiber dans « 3 kifs par jour », c’est pour elle « le fait d’être absorbée par mon activité, d’être emportée par son flux et de suspendre ma perception du temps qui me procure une satisfaction profonde. La grâce n’accompagne pas, ou n’apparaît pas à la fin de mon action, elle s’y entremêle et s’y coule. Cependant, je n’en réalise l’ampleur que lorsque cela s’arrête. Pendant, je suis trop concentrée pour en évaluer l’intensité. »

Des exemples !

On est un perchés dans le conceptuel là, allez un peu de concret pour illustrer tout ça. Voici des activités typiquement flow :

  • Être absorbé par la réalisation d’une recette de cuisine
  • Enchaîner les notes sur un clavier de piano
  • Peaufiner les détails d’un dessin, d’une peinture
  • Être porté par l’adrénaline lors d’un match
  • S’appliquer à réaliser une photo sous un angle optimal
  • Être aspiré par la réalisation d’un ouvrage (couture, tricot, broderie)
  • Galvaniser un auditoire
  • Être tout entier aspiré par l’écriture d’un article, une lettre, un roman
  • S’enflammer pour une partie de pocker
  • S’enivrer de vitesse sur un circuit automobile, sur une piste de ski
  • Etre grisé par la recherche d’un objet particulier (chiner, collectionner)
  • S’étourdir au rythme d’un voilier filant à parfaite allure
  • Être absorbé par la lecture d’un roman (…)

Et cette liste est bien sûre loin d’être exhaustive !

Repérez vos activités de flow

Notre ami Mihaly Csikszentmihalyi (bon ok, puisque vous y tenez vraiment… ça se prononce « chik-sen-mi-haï »), lorsqu’il a définit ce concept, a listé 8 caractéristiques permettant d’attribuer à une activité le grade « d’expérience optimale » (oui c’est leur deuxième petit nom). Les voici, tels que rapportées par Florence Servan-Schreiber :

  1. La tâche entreprise est réalisable, mais constitue un défi et exige une aptitude particulière. On y exerce ses compétences
  2. On est concentré
  3. La cible visée est claire, on connaît son objectif
  4. L’activité en cours fournit un feedback immédiat (les réussites et difficultés sont immédiatement repérées et le comportement ajusté en fonction)
  5. On est engagé profondément et sans effort, faisant disparaître toute distraction
  6. On éprouve la sensation de contrôler ses actions
  7. La préoccupation de soi disparaît pendant, mais, paradoxalement, le sens de soi se renforce à la suite de l’expérience optimale
  8. On perd la notion du temps

A ce stade, vous avez forcément discerné les activités de flow qui sont les vôtres. De toutes façons c’est bien simple, grosso modo il s’agit de tout ces trucs pour lesquels on vous dit « Haaaaan mais comment tu fais !!?? T’es super doué dis-donc !! » Alors même que vous, non seulement vous avez pris du plaisir à l’activité, mais vous avez surtout trouvé ça hyper fastoche. Vous voyez maintenant ?

Aussi surprenant que cela puisse paraître, Florence Servan Schreiber indique que lors des recherches effectuées par Csikszentmihalyi sur l’expérience optimale, « il en ressort (…) que paradoxalement, si les gens semblent aspirer davantage au plaisir pendant leurs moments de loisir, ils connaissent en fait plus d’expériences optimales à leur travail. Un travail requiert de la concentration, limite les distractions et fait appel à nos aptitudes dans le cadre d’un objectif. Nous y recevons, de plus, du feedback de personnes autour de nous. » Bonne nouvelle, l’une de vos activités de flow peut donc être votre job !

Mais alors, quel est la différence avec les plaisirs, me direz-vous ?

Et bien je suis ravie que vous me posiez la question (oui bon je fais les questions et les réponses je sais), parce que justement ce n’est pas du tout la même chose ! Tout se joue sur ce que l’on garde de ce moment. Martin Seligman, grande pape de la psychologie positive lui aussi, « compare les plaisirs à l’acte de consommer. Le goût d’une framboise ou la sensualité d’un massage sont de vrais délices, mais ne nous construisent pas car ces sensations ne peuvent pas être stockées. Inversement, lorsque nous faisons l’expérience du flux [ndlr : flow] (…), nous investissons dans notre capital psychologique. Nous construisons nos ressources pour faire face à l’avenir et ses déboires éventuels. Ces observations militent en faveur de notre capacité à renoncer à un plaisir pour lui préférer une expérience de flux. En gros, à lire un livre plutôt que d’allumer la télé » (Florence Servan-Schreiber).

Les questions à se poser pour différencier un plaisir d’une activité de flow pourraient donc être : suis-je spectateur ou acteur dans cette activité ? Qu’est-ce que je garde de ce moment sur le long terme ?

Pourquoi bichonner vos activités de flow ?

Pour plein de raisons !

La première d’entre toutes paraît évidente : pour la satisfaction que cela génère chez nous. Pour éprouver ce sentiment de liberté, de joie, d’accomplissement durant lequel le temps semble disparaître. Ce serait quand même dommage de se priver d’une activité qui nous demande si peu d’effort et nous apporte autant !

Egalement parce que ces moments de grâce nous conduisent à « être encore plus nous », en tant qu’êtres uniques et à cultiver cette singularité. Florence Servan-Schreiber, dit à ce propos que « c’est d’ailleurs à la suite de ces moments-là que l’expérience d’être soi est savoureuse. Plus nous en traversons, mieux nous nous sentons, et meilleure est la qualité de notre vie. »

Aussi parce que ces activités sont l’expression même de nos talents, de nos compétences. A ce titre, FSS indique ainsi que « les gratifications durent plus longtemps que le plaisir, impliquent de la réflexion et de l’interprétation. Elles reposent sur nos qualités puisqu’elles en sont l’expression. »

Enfin, parce qu’elles participent à notre croissance personnelle, à notre développement en nous poussant à accroître nos capacités, notre créativité, nos performances. De ce fait, elles permettent à tout un chacun d’augmenter son estime de soi et de réduire son stress. Bref, vous l’aurez compris, les activités de flow nous rendent plus heureux. Je laisse donc le mot de la fin à Mihaly !

« Chacun est l’artisan de son bonheur, de sa qualité de vie à travers le contrôle de son expérience consciente, la possibilité qu’il se donne de vivre des expériences optimales. »

(Mihaly Csikszentmihalyi)

PS/ Pour des raisons indépendantes de ma volonté, j’ai été interrompue 3 fois dans la rédaction de cet article, du coup je serais bien tentée d’ajouter une 9ème caractéristique à la liste de mon copain Csikszentmihalyi à savoir « activités au cours desquelles on déééteeste être interrompu ! ». A bon entendeur !

Photo / Womankindblog.wordpress.com


Optimal optimisme !

Eh oui ! Samedi, malgré le froid, la grisaille, la sinistrose et les particules fines, c’était bien le Printemps !

A cette occasion, je me suis rendue à la 2ème édition du « Printemps de l’optimisme » ! Bon je ne vous cache pas que l’appellation en a fait rire plus d’un dans mon entourage. Malgré tout, je peux vous dire que je n’ai pas été déçue de ce petit shoot d’énergies positives ! Bon du coup je vous synthétise les objectifs du schmilblick, tels que (très bien) résumés par le journal Le Point : « Lutter contre la sinistrose et la morosité, qui ajoute une crise aux crises, ne pas nier les difficultés, mais montrer ce qui marche, valoriser les innovateurs, les entreprenants, les « faiseux » plutôt que les « diseux » et privilégier les solutions. Tels sont les objectifs affichés par le Printemps de l’optimisme. ». Je ne sais pas vous, mais moi, j’adhère !

Je suis donc allée participer au ateliers et débats qui rassemblaient de supers intervenants aux profils très variés : sociologues, spécialistes de la psychologie positive, professeurs de management, mais aussi sportifs ayant dépassé leurs limites (Philippe Croizon), dirigeants d’entreprises, etc. Et je vous ai concocté un petit résumé de ce qu’il faut retenir de tout cela !

Avant tout, je voudrais juste vous rapporter les paroles de Thierry Saussez, créateur de l’événement, qui à mon sens introduisent bien la suite : « Être optimiste, ce n’est pas être béat ou rêveur, ce n’est pas nier les difficultés ou voir le monde plus beau qu’il n’est. Être optimiste, c’est être réaliste et affirmer que le pessimisme ne construit rien. C’est diriger notre regard vers ce qui fonctionne et mobiliser nos énergies pour faire reculer cette défiance collective qui nuit à la consommation, à la croissance, à l’emploi, au financement de la solidarité (…) La prospérité et la croissance d’un pays ne dépendent pas uniquement de critères matériels mais aussi de facteurs psychologiques et mentaux et du moral d’une nation. » Et les facteurs psychologiques, justement parlons-en !

Bonheur : la statistique qui laisse baba

A nous qui pensons tous que les événements de la vie font et défont notre bonheur, voici de quoi nous couper le souffle. Notre capacité au bonheur est influencée à :

  • 50% par notre patrimoine génétique
  • 10% par les circonstances de notre vie (!!)
  • 40% par nos décisions, nos comportements et nos choix de vie

Rendez-vous compte !! 40% de notre faculté au bonheur nous appartient, c’est énorme !! Cela signifie que la capacité de l’homme à améliorer sa vie réside en grande partie… entre ses mains (oui oui je (dé)tourne les maths à mon avantage, je sais). Bref, le fameux « Il faut cultiver son jardin » du Candide de Voltaire prend tout son sens. Laissons donc de côté les problèmes métaphysiques et occupons-nous de ce que nous pouvons améliorer et changer.

Le rôle du cerveau dans tout ça

Il y en a un à qui on ne pense pas (assez) souvent dans toute cette histoire, c’est le cerveau. Ce qui est certain, c’est que l’on sous-estime sa capacité à nous aider dans la réussite de nos projets. A l’approche d’un événement qui nous stresse, on va ressasser notre angoisse bien consciencieusement, la ruminer telle une belle bovine, enfin bon on va faire de la Negative Self Hypnosis en veux-tu en voilà. C’est à dire se convaincre de façon inconsciente, involontaire mais bien réelle que l’on y arrivera pas. Mais pourquoi diantre a t-on recours à un processus aussi contre productif ? C’est sans doute la peur qui nous y pousse, mais nous y reviendrons plus bas.

Ce qui est sûr c’est que lorsque nous nous formulons positivement là où nous souhaitons aller (Postive Self Hypnosis, vous l’aurez compris !), nous avons toutes les chances d’y arriver car notre cerveau aura déjà commencé à créer les nouvelles synapses qui nous permettront d’être plus intelligents de consolider un circuit neuronal. En langage normal, ça veut dire que notre cerveau saura faire avant même d’avoir fait, car cet organe fabuleux ne fait pas la différence entre un événement imaginé et un événement réellement vécu. C’est ni plus ni moins ce que font tous les sportifs de la Terre pour se préparer mentalement. Ça n’a l’air de rien comme ça, mais c’est une pépite ! Essayez-donc, ça marche.

Mahatma Gandhi a d’ailleurs bien résumé le fait qu’en changeant notre système de croyances, on peut changer profondément et durablement certains aspects de notre vie :

Vos croyances deviennent vos pensées,
Vos pensées deviennent vos mots,
Vos mots deviennent vos actions,
Vos actions deviennent vos habitudes,
Vos habitudes deviennent vos valeurs
Vos valeurs deviennent votre destinée.

Optimisme / Pessimisme – Tout est une question de responsabilité

Merci à Florence Servan-Schreiber de nous l’avoir rappelé, la vraie différence entre un optimiste et un pessimiste, c’est l’attitude adoptée face à la réussite et à l’adversité. Prenez par exemple la réussite ou l’échec à un examen :

Face à la réussite

« Celui qui considère que les situations positives de sa vie ont une cause permanente plutôt que temporaire est plus optimiste. Ses succès ne dépendent pas d’un contexte, mais bien de sa nature ou de ses compétences.

Ex : Il a réussi son examen parce qu’il sait bien se préparer aux épreuves.

(…) Le pessimiste trouve des raisons extérieures ou accidentelles pour justifier sa performance.

Ex : Le sujet de l’examen était à sa portée. »

Face à l’échec

« Celui qui abandonne lorsque ça se complique croit que les revers qu’il subit sont durables et irréversibles. Il généralise. Les pessimistes systématisent le négatif. Cela témoigne de l’impuissance qu’ils ressentent. Et cette impuissance gangrène leur motivation et leur capacité d’intervention. Elle ne les incite à rien faire d’autre que baisser les bras.

Ex : S’il rate un examen, il s’accusera d’être toujours mauvais dans cette matière.

Face aux mêmes circonstances, l’optimiste est plus précis. Il ne se laisse pas dépasser par la situation et considère qu’un revers est temporaire ou circonscrit.

Ex : Il a raté son examen cette fois-ci.

Quand ça ne se passe pas comme on aimerait, l’emploi de « toujours » et « jamais » sont des signes assurés de pessimisme. Ils rendent l’adversité définitive et globale (…) L’emploi de « parfois » ou de « récemment » révèle une nature plus légère, témoigne d’une contrariété passagère et surtout d’une évolution favorable possible. »

Et voilà. Un optimiste généralise la victoire et circonstancie l’échec. Un pessimiste circonstancie la victoire et généralise l’échec. A ce stade, on peut noter que par (fausse ?) modestie et politesse, on a très souvent tendance à renier nos talents en attribuant nos victoires aux hasards de la vie. Mmmhh. Je vous laisse méditer là-dessus.

La grande résistante à tout ça …

Mais qui est l’empêcheur de tourner en rond dans tout ça ? C’est la peur, bien sûr ! La peur qui empêche tout. Oser, y aller, entreprendre, se dépasser. La peur qui nous construit des limites grosses comme nous dans nos têtes. Surmonter ses peurs c’est se permettre d’accéder au bonheur, voilà pourquoi les deux sont si liés. Car au fond, qui nous empêche d’accéder à nos rêves ? C’est nous. Ce sont les limites que l’on se construit comme des grands. Tout ça c’est le pur produit de notre imagination.

Ce qu’il faut savoir, à propos de la peur, c’est qu’elle sera toujours là. Ah bah nous voilà bien… Le but du jeu du coup, c’est qu’elle ne soit pas limitante. Pour cela, Tal Ben-Shahar (spécialiste de la psychologie positive) a trouvé une solution grâce à son concept du lancer de sac. Explication : la plupart du temps nous n’osons pas parler de nos projets, de nos rêves. Pour toutes sortes de raison, l’une d’elle étant que cela nous obligerait à faire un pas vers leur réalisation. Mais c’est souvent plus facile de les garder bien au chaud dans notre imagination parce qu’on a peur, on doute, on hésite, on paresse. C’est pour cette raison que Tal Ben-Shahar nous invite à balancer notre sac à dos au-dessus du mur. Le mur représentant les obstacles, les défis sur le chemin de la réalisation d’un rêve. Lorsque l’on balance son sac de l’autre côté, on est bien obligé de l’y rejoindre, de l’autre côté ! D’une façon ou d’une autre !

Métaphoriquement, cela signifie qu’il faut sortir de son petit confort pour entreprendre les premières actions, en parler aux autres pour mieux se lancer le défi à soi-même, et ainsi mettre son cerveau dans la marche de cette nouvelle voie. Cela permet de s’engager, de ressentir ses propres réactions mais aussi les réactions des autres, et donc de s’autoriser à amorcer son projet ! En clair, c’est se mettre en danger pour mieux se mettre en marche. Une fois qu’on l’a fait une fois c’est top et on ne peut plus s’en passer. Très efficace.

Oh des regrets, des regrets, des regrets…

Le risque, si l’on ne fait rien? Les regrets. Eh oui, c’est pas la partie la plus fun de ce post, mais c’est une réalité. La vie n’attend pas. Sophie Machot, auteure du livre « Cultivez votre bonheur ! » nous a parlé d’une certaine Bronnie Ware. Bronnie est une infirmière en soins palliatifs (je vous avais prévenu…) qui s’est intéressée à la «clarté de vision que les gens atteignent à la fin de leur vie, et à la façon dont nous pourrions apprendre de cette sagesse». En échangeant avec eux, elle a listé leurs 5 plus grands regrets :

  1. Je regrette de ne pas avoir eu le courage de vivre ma vraie vie au lieu de celle que les autres voulaient pour moi
  2. Je regrette d’avoir consacré trop de temps à mon travail
  3. Je regrette de ne pas avoir exprimé plus mes émotions
  4. Je regrette de ne pas être resté en contact avec mes amis
  5. Je regrette de ne pas m’être autorisé à être plus heureux

Évidemment, tout cela n’est pas très funky. Mais dans un sens nous avons effectivement des leçons à tirer de ce constat. Et la plus importante, c’est celle de s’autoriser à être heureux.

Mais comment font les gens heureux pour être heureux ?

Ouf, du plus léger ! Sympathique Sophie Machot, qui après nous avoir déprimé nous a ouvert les voies de la GRANDE route ! Voici une recette générique, puisqu’il y a évidemment autant de bonheurs différents que d’êtres humains sur cette planète !

  • Ils sont dans l’action et ont des projets de vie motivants
  • Ils ont une vie sociale active et équilibrée
  • Ils savent exprimer leur reconnaissance
  • Ils savourent les petites comme les grandes joies
  • Ils font également preuve de résilience face aux intempéries de la vie
  • Ils savent prendre le temps de vivre le moment présent
  • Ils pratiquent une activité de flow (sport, art, loisir) qui procure des émotions

Le flow est un concept élaboré par le psychologue Mihaly Csikszentmihalyi et que je trouve juste extraordinaire. J’y consacrerai d’ailleurs probablement un post ultérieurement. Selon Wikipédia : « Le flow, littéralement le flux en anglais, est l’état mental atteint par une personne lorsqu’elle est complètement immergée dans ce qu’elle fait, dans un état maximal de concentration. Cette personne éprouve alors un sentiment d’engagement total et de réussite. » En gros, ce sont les activités que vous adorez faire, dans lesquelles vous êtes particulièrement talentueux, qui vous amènent à vous concentrer sans faire d’effort au point d’atteindre un état d’exaltation intense. C’est typiquement les activité au cours desquelles vous vous dites « oh là là il est déjà telle heure, je n’ai pas vu le temps passer ! » Il y en existe autant que de petits bonheurs : écrire, cuisiner, jardiner, faire de la musique, du sport, construire une maquette, etc.

… Et aussi… Cesser d’alimenter la stacausite

Sophie Machot nous rappelle qu’en cessant d’alimenter la stacausite, on prendra tous enfin la responsabilité de nos actions…

  • C’t’à cause de mon patron, si je suis fatigué, il nous assomme de travail
  • C’t’à cause de ma collègue si je n’ai pas fini ce dossier, elle ne m’a pas donné les infos
  • C’t’à cause de la crise si….

Et oui.. Drôle mais sombre réalité !

Mes conclusions

Finalement tout ça c’est aussi grisant qu’agaçant, parce qu’on réalise que l’optimisme, le bonheur, ça ne dépend que de nous ! Nous avons notre part de responsabilité là-dedans, dont une énOOOrme part se jour au niveau de notre cerveau.

ff87ee31ba9687a63a53cf7d2a7d8c02Ce dont il est également ressorti de ce Printemps de l’optimisme, c’est qu’on voudrait tous pouvoir l’être (optimiste) sans ciller, mais que face à la morosité de ceux qui nous entourent, eh bien parfois on se laisse aussi tirer vers le fond, c’est tellement plus facile. Être optimiste, cela demande courage et détermination, mais c’est pour le meilleur :)

Terminons sur une petite note psycho-mathématique :

1 événement + 1 réaction = 1 effet

Pour Sophie Machot, la vraie variable de l’équation ci-dessus c’est la réaction, ou comment parvenir à transformer les effets des petits et gros pépins grâce à des émotions plus positives que celles qui nous viennent à première vue ? Ça, c’est l’optimisme.

Allez, bonne soirée à tous !

Photo 1 / Jim Thompson House, Thaïlande, Janvier 2015 – Photo 2 / Dealerelite.net


Books // Décodage des « love dialects »

Mais non mais non, je ne suis pas tombée dans le Cupidon-coaching 😉

En fait, cela faisait plusieurs fois que j’entendais parler de l’ouvrage de Gary Chapman, « The 5 languages of love », alors je l’ai lu et je voudrais partager avec vous les clés principales de cette lecture très enrichissante ! Cet article est long, mais sachez que ce livre a changé la vie de nombreux couples… (teasing)

Allez, c’est parti !

Gary Chapman est un auteur, conseiller conjugal, pasteur et conférencier américain spécialiste du mariage et de la famille. Tout ça à la fois…! Il prodigue donc des conseils pour réussir son mariage, sa vie de couple, l’éducation de ses enfants, etc. Il a été rendu célèbre par le best-seller dont vous allez avoir la chance d’avoir un résumé et qui a (tout de même) été vendu à 5 millions d’exemplaires à travers le monde. Vaste programme !

En fait, Gary (ce sera plus simple de l’appeler par son prénom) part du postulat que « si nous voulons communiquer efficacement avec des personnes d’autres cultures, nous devons apprendre leur langue. Il en va de même dans le domaine de l’amour. Le langage de votre amour sentimental et celui de votre conjoint peuvent être aussi différents que le chinois l’est du français. »

A travers ses recherches, Gary a trouvé une sorte de grille de lecture et décelé 5 moyens d’expression principaux par lesquels chacun peut manifester son amour. Il a également constaté qu’il est rare dans un couple que 2 personnes s’expriment par le même moyen… bah oui, sinon ce ne serait pas drôle voyons ! Car ce qui procure le sentiment d’être aimé pour l’un ne l’est pas forcément pour l’autre.

Avant d’expliquer chacun de ces langages, il faut comprendre la métaphore de « réservoir émotionnel » utilisée par Gary. En gros, en chacun de nous se trouve un réservoir émotionnel qui ne demande qu’à être rempli d’amour. « Le besoin de se sentir aimé de son conjoint est au centre des désirs conjugaux. » Lorsque l’on se sent aimé, on se développe au top de nos capacités, mais lorsque notre réservoir affectif est vide, nous sommes meurtris. L’état du réservoir serait donc la clé de la santé du couple. Si nous trouvons le langage adapté à notre conjoint, nous trouvons le moyen de remplir son réservoir émotionnel.

Voici les 5 langages qui permettent de faire le plein !

1. Les paroles valorisantes – ce sont les compliments verbaux, les mots d’appréciation, les encouragements, les paroles qui font du bien et qui contribuent à ce que votre conjoint ait une bonne estime de lui-même. Exemple simplissime néanmoins efficace : « Comme tu es belle / beau ! » Pour les personnes sensibles à ce langage, recevoir des paroles valorisantes est un booster d’énergie, cela les mettra dans de belles dispositions. Pareil pour leurs qualités, leur potentiel : certaines personnes ont besoin d’être rassurées sur leurs ressources et n’attendent qu’un tout petit mot d’encouragement pour déplacer des montagnes.

A ce niveau, il me semble essentiel de partager une précision apportée par Gary : « Comprenez moi bien. Ne faites pas pression sur votre conjoint pour qu’il se lance dans ce que vous désirez. Il s’agit de l’encourager à concrétiser un désir qu’il possède déjà. Ainsi, certains hommes poussent leur femme à perdre du poids. Ils disent « je l’encourage », mais l’épouse l’interprète comme une condamnation. Ce n’est que lorsqu’elle désire vraiment perdre du poids que vous pouvez l’encourager. Tant qu’elle n’éprouve pas cette envie, vos paroles résonnent plutôt comme un jugement destiné à faire naître ou à accentuer la culpabilité. Elles expriment le rejet, et non l’amour. » Arf, ben oui, la précision avait sa petite importance !

Les personnes dont le langage est constitué par les paroles valorisantes seront particulièrement sensibles à la manière dont vous leur parlez. « La phrase « Je serais ravi de faire la vaisselle ce soir » lancée sur un ton railleur ne sera certainement pas reçue comme un message d’amour », précise Gary. Elles seront également heureuses de se savoir valorisées, de savoir que l’on dit du bien d’elles. Si le langage d’amour de votre conjoint est celui-là, Gary vous préconise donc de ne pas hésiter à le mettre en valeur en société, en sa présence ou en son absence. Cela lui reviendra toujours par une tierce personne, pour son plus grand bonheur.

2. Les moments de qualité – il s’agit là du temps passé ensemble dans une optique de partage, d’échange, dans des activités appréciées par au moins l’un des deux conjoints, avec une attention totale à l’autre. Clarifions tout de suite la question qui nous brûle les lèvres grâce à Gary : « Ce n’est pas s’asseoir à côté de lui pour regarder la télé. Car dans ce cas, c’est le programme télé qui capte votre attention, pas le conjoint. Rester assis sur le divan, pourquoi pas, mais la télé éteinte pour pouvoir se regarder et se parler en s’accordant mutuellement une profonde attention. » Beaucoup plus clair. Les personnes dont c’est le langage principal réclament donc de l’attention de la part de leur conjoint, et le partage de moments ensemble. On peut être physiquement proches lorsque l’on vit sous le même toit, mais cela ne signifie pas pour autant que l’on est sur la même longueur d’ondes, affectivement proches.

Les personnes sensibles à ce langage ont besoin de renforcer leur sentiment de complicité avec leur conjoint, de sentir qu’ils prennent soin l’un de l’autre et aiment particulièrement être ensemble. Peu importe l’activité : aller au resto, partir en rando, aller voir un spectacle, faire un pique nique, une promenade, aller au marché, faire les antiquaires, etc.

Le dialecte principal des moments de qualité, c’est le dialogue. Donc si votre conjoint est sensible au dialogue, il attendra de votre part une oreille attentive, une écoute bienveillante, il appréciera que vous lui posiez des questions afin de mieux comprendre ses pensées et ses sentiments. Il attendra moins des solutions ou des conseils qu’une attention profonde et sincère.

Voici 3 éléments essentiels pour qu’un moment accède au label qualité :

  • « l’un des deux au moins désire l’entreprendre,
  • l’autre accepte de s’y associer,
  • les deux savent pourquoi ils la font : s’exprimer mutuellement leur amour en étant ensemble »

3. Les cadeaux – Qu’ils soient des objets achetés ou des créations personnelles home-made, les cadeaux sont des symboles d’amour visibles. Gary précise : « Un cadeau est quelque chose que vous pouvez tenir dans votre main en vous disant : « Regarde, il a pensé à moi » ou « Elle s’est souvenue de moi » (…) Le cadeau n’en est que le symbole. Sa valeur marchande n’a aucune espèce d’importance. Ce qui compte, c’est qu’on ait pensé à vous. »

Le langage des cadeaux implique forcément une dimension financière… A ce titre, Gary précise : « Si vous êtes plutôt d’un tempérament dépensier, vous n’aurez pas de difficulté à faire des cadeaux à votre conjoint. En revanche, si vous êtes économe, vous devrez surmonter quelques résistances émotionnelles lorsque vous voudrez lui acheter un présent (…) Par votre façon de gérer l’argent, vos répondez à vos besoins émotionnels. Vous ne répondez pas à ceux de votre conjoint. Lorsque vous aurez compris qu’il est particulièrement sensible au langage des cadeaux, vous saurez qu’en lui en achetant, vous faites le meilleur investissement qui soit. Vous utilisez votre argent à l’amélioration et à l’approfondissement de votre relation sentimentale en remplissant le réservoir émotionnel de votre partenaire. » Je ne sais pas pourquoi mais je sens que je vais me faire des copines rien qu’avec ce paragraphe moi :-)

Dans la catégorie des cadeaux, nous avons également le « don de soi », qui consiste à être présent dans les moments où votre conjoint en a besoin, et qui selon Gary constitue le plus inestimable des cadeaux. « Dans les moments de crise, la présence physique est le cadeau le plus efficace que vous puissiez donner si votre conjoint est sensible au langage des cadeaux. »

4. Les services rendus – Comme l’indique leur nom, ils désignent tous les services qu’un conjoint peut effectuer dans l’objectif d’améliorer le quotidien de l’autre : laver la voiture, faire la vaisselle, tondre le gazon, faire les courses, promener le chien, e tutti quanti. Pas glamour, me direz-vous. En fait, exprimer son amour via les services rendus consiste à décharger l’autre en faisant certaines choses pour lui, avec l’intention de lui montrer qu’on l’aime. Selon Gary, « ils exigent tous de la réflexion, de l’organisation, du temps, de l’effort et de l’énergie. »

Sur ce langage, Gary nous met en garde contre les stéréotypes… hum hum. « Pour apprendre le langage d’amour des services rendus, certains auront besoin de revoir et corriger les clichés sur les rôles spécifiques de l’homme et de la femme (…) A cause des mutations sociologiques des trente dernières années, il n’existe quasiment plus de stéréotypes masculins ou féminins dans la société occidentale. Cela ne veut pas dire pour autant qu’il n’en existe plus aucun (…) Quelle que soit votre perception des choses, il est fort probable que votre conjoint conçoive les rôles respectifs du mari et de la femme différemment de vous. Il faut donc être prêt à examiner et, si nécessaire, à changer de modèles pour mieux pouvoir exprimer l’amour. Un conjoint n’a aucun mérite à s’accrocher à un stéréotype, mais il a tout à gagner à savoir répondre plus précisément aux besoins affectifs de son partenaire. »

Voilà voilà. Je n’ajouterai rien à cela, je suis pour la paix des ménages !

5. Le contact physique« Le toucher est un puissant moyen pour communiquer son amour. L’étreinte des mains, les baisers, les enlacements, les relations sexuelles sont autant de façons de faire ressentir au conjoint qu’il est aimé. Pour certaines personnes, le toucher est le langage de l’amour qu’elles comprennent le mieux. Si elles bénéficient de ce toucher, leur réservoir émotionnel est plein, et elles se sentent en sécurité (…) A contrario, sans ce contact, elles ne se sentent pas aimées. »

Dans nos sociétés, le contact physique est vecteur d’émotions. Lorsqu’une personne refuse de serrer la main d’une autre, elle lui fait comprendre qu’il y a un obstacle à la relation. Dans les moments difficiles, nous ressentons le besoin de nous enlacer, de nous embrasser, c’est un témoignage d’amour. A ce titre, si votre conjoint est sensible au toucher, il est particulièrement important de le prendre dans vos bras lors de moments de peine, car il se sentira aimé, sécurisé. Ces gestes-là auront plus d’importance que tous les mots que vous pourrez utiliser pour le / la réconforter.

Une dernière considération concerne le toucher à connotation négative. Les personnes dont le contact physique est le principal langage seront très sensibles à des gestes déplacés, même ceux qui peuvent paraître les plus insignifiants. En leur présence, il est donc préférable de maîtriser ces mouvements, par exemple éviter de repousser la personne physiquement.

Mais alors… comment découvrir son langage de l’amour ?

A la lecture de ce post, vous vous êtes peut-être reconnu(e) dans certains langages, ou peut-être même avez-vous identifié les traits de caractères de votre conjoint(e) dans les différentes descriptions. Ou peut-être que vous n’en avez pas la moindre idée !

Pour vous faciliter le boulot, voici la façon la plus simple d’identifier le langage de votre conjoint(e) :

« Les reproches que mon conjoint me fait à propos de mon comportement me fournissent l’indice le plus clair sur le langage auquel il est le plus sensible (…) C’est [sa] façon – inefficace – de réclamer de l’amour. Si nous comprenons ce principe, il peut nous aider à considérer les reproches et les critiques sous un jour plus positif et plus utile. »

Pour ce qui est de votre langage de l’amour, dans le cas où ça intéresse votre conjoint(e) – je blague, voici 3 moyens de le découvrir :

  1. « Dans ce que votre conjoint fait ou omet de faire, qu’est-ce qui vous blesse le plus ? L’inverse correspond vraisemblablement au langage d’amour le plus expressif pour vous.
  2. Qu’avez-vous le plus souvent réclamé de votre conjoint ? C’est probablement ce qui vous donne le mieux le sentiment d’être aimé.
  3. Comment exprimez-vous généralement votre amour à votre conjoint ? Ce moyen est celui qui, en retour, vous donne le sentiment d’être aimé »

Et voilà pour cette page un peu spéciale, j’espère que cette démystification des langages de l’amour vous a plu :-)

Allez, tournez ménages !

Photo / Joaquinmayayo.com/2013/03/un-reportaje-de-boda-con-solo-dos-clicks/


Parfois, quelques mots valent mieux qu'un long discours

« The limit is not in the sky. The limit is in the mind. »


Take a small step everyday

Pour ceux qui auraient envisagé de courageuses résolutions pour 2015 (ce qui n’est pas mon cas…), il existe un phénomène troublant et récurrent début Février. Il consiste – de façon tout à fait inconsciente entendons-nous bien, à perdre de vue ces décisions pourtant pleines de bonne volonté, au profit de bonnes vieilles habitudes rassurantes.

Le problème avec le changement, c’est que l’on veut qu’il soit radical. Paf. Demain je me mets au sport. Pauvre petit organisme qui a hiberné pendant des mois, qui a traversé avec délectation le nirvana des fêtes de fin d’année, et à qui l’on inflige labeur et douleur sans préavis. Et en plein hiver, en plus.

Bon, j’ai pris l’exemple des résolutions parce qu’il est contextuel, mais ce post concerne le désir de changement au global. Je ne sais pas vous, mais moi quand j’entame une résolution de changement, je mets souvent la barre tellement haut que ça me paraît complètement inatteignable. Enfin, ça c’était avant. Parce qu’à la longue j’ai fait entrer un nouveau mot dans mes ressources personnelles, un mot cucul mais efficace : « bienveillance ». Exit l’exigence, place à la bienveillance.

Alors, voilà. J’aimerais partager 2 trucs avec vous (testés et approuvés !) pour arriver à atteindre vos objectifs, changements, résolutions, whatever :

  • Fixez-vous des résolutions sur 21 jours. Pourquoi ? Déjà parce que ça vous semblera beaucoup plus faisable de tenir 21 jours que d’en tenir 365 mouahah. Mais aussi et surtout parce qu’en 21 jours, votre cerveau aura intégré votre nouvelle habitude et aura naturellement envie de la poursuivre. Victoire ! Ne rigolez pas, ça a été scientifiquement prouvé, les cycles de 21 jours. D’ailleurs ça peut évidemment vous servir pour intégrer de nouvelles croyances positives sur vous-mêmes et de nouveaux comportements (cf ce post sur les croyances). Faites confiance à votre inconscient, il vous le rendra bien !
  • Mon deuxième outil vise davantage les personnes qui souhaitent sortir de leur zone de confort, au global. Ça consiste tout simplement à appliquer le conseil d’Eleanor Roosevelt : « Do one thing everyday that scares you ». Cette phrase est juste une bénédiction. Évidemment, c’est challenging de l’appliquer à la lettre, mais je vous assure qu’en la laissant infuser dans votre esprit, vous vous surprendrez chaque jour davantage à oser des choses que vous ne vous seriez par permises avant.  Poster un article sur Facebook faisait pour moi partie des trucs inimaginables il y a encore un mois. Ça peut être des mini trucs, peu importe, ce seront vos victoires personnelles, et vous vous en féliciterez tous les jours. Et je peux vous garantir que vous ressentirez le changement !

Chi va piano va sano … e va lontano !

Photo / Pinterest.com/source/mywhisperedcolors.tumblr.com/


A tous mes amis (déjà ou bientôt) trentenaires !

Je fais partie d’un très bon cru. Le cru 1985 !

Du coup, je suis entourée d’acolytes qui passent cette année le cap de la trentaine. Devant la déprime ambiante et le marasme collectif généré par cet événement, j’ai eu envie d’écrire un article pour faire un état des lieux sur la crise de la trentaine mais surtout, surtout, pour vous redonner le sourire et relativiser ce pseudo-problème ! D’autant que moi, j’ai encore 11 mois pour profiter des mes 29 ans :)

Approcher le cap des 30 ans, c’est commencer à se poser des questions éminemment socratiques que l’on ne s’était plus posées depuis les cours de philo en Terminale… Qui suis-je ? Où vais-je ? « Tout ce que je sais c’est que je ne sais rien »… Pour certains, c’est l’heure d’une remise en question et même parfois d’une introspection.

Pourquoi tant de sévérité ?

Peut-être parce qu’enfant, on s’était fait une image idéale (et idyllique ?) de nos 30 ans, et que la confrontation avec notre réalité quotidienne est un peu désenchantante. C’est un thème d’ailleurs surexploité par l’industrie littéraire et cinématographique, souvenez-vous du livre « Demain est un autre jour », du film « 30 ans sinon rien » avec Jennifer Garner, de « L’âge de raison » avec Sophie Marceau – ah non pardon celui-là c’est pour les 40 ans, je vous le ressortirai dans 10 ans…).

5ac94042f133547e96505dbc41a14a6bPeut-être aussi parce que, selon la situation dans laquelle on se trouve, on ressent une pression sociale énorme quant à notre vie personnelle et/ou professionnelle – études, job, amour, mariage, enfant, achat immobilier… Bridget Jones bonjour ! Allez savoir si c’est la pression que nous met réellement la société où si c’est nous qui nous l’imposons comme des grands. Du coup, réflexe humain bien qu’inutile, on se compare aux autres, on essaie de se situer. Et alors là, soit on se rassure, soit on préfère carrément fermer les yeux.

Peut-être aussi parce que l’arrivée si rapide devant ce néant abyssal que représente la prochaine décennie nous incite à penser que nous devons prendre LA bonne orientation et LES bonnes décisions pour le reste de notre vie, là, maintenant, tout de suite. Vous savez c’est un peu comme quand on a un devoir à rendre à l’école et que l’on procrastine à fond parce que c’est pour dans loooongtemps, et puis la veille on se rend compte que finalement bah c’est pour demain. Oups, c’est passé vite !

Enfin, pour les femmes, peut-être parce que l’horloge biologique les rappelle sans cesse à l’ordre pour planifier leur vie. « Alors voyons… si je veux avoir un enfant à 30 ans il faut que je sois mariée à 28 histoire de profiter un peu de ma vie de jeune mariée, donc il faut que je le rencontre au moins à 25 pour bien le connaître, il faut aussi que je bosse depuis au moins 3 ans vis à vis de mon patron sinon ça fait pas sérieux… Ah merde je suis déjà à la bourre sur le planning… »

Bon, ce sont mes hypothèses sur ce qui peut engendrer autant de ruminements dans nos têtes… Après tout cela dépend évidemment de la vie de chacun, on est d’accord ! (Au passage, n’hésitez pas à commenter!)

Keep calm, you’re only 30 !

Quoi qu’il en soit… wow wow, on se détend ! Avoir 30 ans ça arrive à tout le monde ! On n’est pas les premiers à y passer et on ne sera pas les derniers ! Que va t-il arriver dans la nuit de vos 29 à vos 30 ans ? Allez-vous subitement vous rider de partout et prendre 10 ans dans la tronche ? Est-ce que vous vous sentirez vraiment différent le lendemain, et le jour d’après ?

Non, bien sûr. Dans l’inconscient collectif, 30 ans c’est l’âge de « l’adultité », des responsabilités, des rôles à tenir. Alors on se met une pression dingue pour coller à l’image-de-ce-qu’on-s’imagine-que-les-autres-attendent-de-nous.

Be who you are, not who the world wants you to be

Mais le plus important n’est-il pas de coller à nos envies à nous ? Dans tout ça on oublie la vraie personne la plus importante au monde… nous-même ! Me, myself and I. Mais non mais non, je ne suis pas en train de faire une grosse crise égocentrique, je suis simplement en train de dire que chacun vit à son rythme et nous ne sommes pas contraints de nous conformer aux pseudo-standards de nos sociétés ! Personne ne nous y oblige, à part nous… Soyons juste fidèles à ce que nous sommes !

Tout ça, c’est dans nos têtes que ça se passe …

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Louis de Funès a connu le succès à 50 ans, François Berléand à 47. Inès de La Fressange a eu son premier enfant à 37 ans. Fabrice Luchini, peu attiré par les études, a commencé comme garçon coiffeur. Stéphane Plaza, pourtant agent immobilier, a quitté le domicile maternel à 30 ans. Bon je sais, les exemples sont un peu hétéroclites, ça vole pas bien haut ! Peu importe, c’est juste pour vous montrer que pour des raisons qui nous sont personnelles, nous menons chacun notre vie à un rythme différent.

Soyons pragmatiques

Avoir 30 ans c’est le plus bel âge, celui auquel on peut profiter de l’existence tout en ayant un avenir rempli de promesses.

Si cela doit être l’occasion d’une remise en question, dans ce cas autant qu’elle soit constructive. Quels sont mes rêves ? Qu’est-ce qui m’empêche de les satisfaire ? Quelles sont les actions que je mets en place à partir d’aujourd’hui pour les réaliser ? Parfois, on peut avoir de bonnes surprises en se posant un peu pour y réfléchir.

Chacun de nous a les moyens d’obtenir ce qu’il souhaite, mais il faut aussi se les donner. Parfois, cela implique de se contrarier un peu, de faire des sacrifices et de ne pas attendre que ça tombe tout cru ! Choisir c’est renoncer, mais si c’est pour atteindre ses rêves ça en vaut la peine ! On ne peut pas tout contrôler, mais il y a quand même beaucoup de choses dans la vie sur lesquelles nous avons une certaine emprise.

L’important n’est pas la destination, mais le chemin qui y conduit. Ce qui est essentiel c’est que votre voyage personnel vous plaise !

Bon et puis si ça peut vous rassurer, vous serez plus intelligents après vos 30 ans…

Tout ce que je sais, je l’ai appris après avoir eu trente ans.
Georges Clemenceau

Photo 1 / Etsy.com/fr/listing/91826749/photographie-de-voyage-de-vie-voyage – Photo 2 / Pinterest.com/pin/427630927087951316/ – Photo 3 / Spoken.ly/detail.php?pid=2z9k0tYyJ5/%2BsysMC6rEUAM6TVtUUUsG&crlt.pid=camp.BjyqgslT14fg


Toutes les nuances de sourires

Me revoilà ! J’ai été absente de mon blog ces derniers jours, mais j’avoue que les événements de la rentrée m’avaient quelque peu coupé l’envie d’écrire. Et puis à cela a succédé la reprise de mes formations et le tourbillon de travail qui l’accompagne ! En tout cas, je suis contente de vous retrouver, et j’espère que vous allez bien :)

En rentrant de vacances j’ai eu très envie de partager avec vous mes souvenirs de voyage. Certains d’entre vous connaissent ma passion pour l’Asie. Bizarrement, nos pérégrinations nous ont déjà mené dans plusieurs pays là-bas, mais nous n’avions encore jamais visité l’un des plus touristiques : la Thaïlande !

A Bangkok, nous avons été étourdis par les couleurs éclatantes, les parfums envoûtants… les embouteillages omniprésents (oui oui, aussi !). Mais je dois dire que je retiens une chose en particulier : le sourire thaïlandais.

Je revois encore les visages éclairés des personnes dont nous avons croisé le chemin, lançant un « Sawat dii khrap ! » (bonjour en thaï), avec tout le bonheur du monde dans les yeux. Et ce aussi bien dans le fin fond de la jungle bangkokienne, dans les bidonvilles que dans les restos chics.

Et puis en rentrant je me suis renseignée, et j’ai appris que le sourire thaï n’avait pas la même signification que le sourire occidental. Le sourire, en Thaïlande, est en fait un deuxième langage, et le « Dictionnaire de l’Institut Royal Thaïlandais » définit 18 sourires différents selon les expressions de la bouche, des yeux, des sourcils et du nez. Dingue non?

On aurait donc :

– Yim Chaeng : un grand sourire
– Yim Chuean : un sourire penaud
– Yim Duai Pak Thak Duai Ta : sourire avec la bouche, mépriser avec les yeux
– Yim Haeng : un sourire sec
– Yim Koe :  un sourire amical non reconnu ou non renvoyé
– Yim Krim : un sourire qui exprime la satisfaction
– Yim Noy Yim Yai : un sourire joyeux
– Yim Paen : un grand sourire
– Yim Sao Sao : un sourire triste
– Yim Su : un sourire encourageant
– Yim Tae : un sourire épanoui
– Yim Wan : un sourire doux
– Yim Yae : un sourire honteux
– Yim Yaem : une personne souriante et encourageante
– Yim Yè :  un sourire bête
– Yim Yi Yuan : un sourire provocant
– Yim Yo : un sourire dédaigneux
– Yim Yong : un sourire contenu

Bon, au vu de cette liste il est fort probable que l’on ait été pris pour des idiots pendant notre voyage, mais rassurez-vous, cela n’a en rien terni mes souvenirs…!

Apparemment il faudrait être né et avoir grandi dans ce pays pour prétendre maîtriser toutes les subtilités de ce second langage.

Ce qui est amusant (et déroutant) pour un occidental, c’est que généralement (j’insiste sur le « généralement »…) nous arrivons à discerner une émotion derrière une expression faciale. Or là-bas, nous perdons tous nos repères. Certains touristes sont gênés par le fait de ne pas savoir à quoi s’en tenir et tombent un peu dans la parano à force de se méfier de tout le monde.

Dans l’absolu, moi j’ai trouvé ça plutôt agréable pour les yeux et encourageant pour le cœur de voir toutes ces personnes sourire à longueur de temps ! D’ailleurs j’ai décidé (en remettant les pieds à Roissy…?) d’inscrire le sourire thaï dans mon inconscient pour le faire travailler dans mes moments Calimero.

Allez, bonne nuit mes Loulous !

Photo / Damnoen Saduak floating market, Thaïlande, Janvier 2015