Comment le storytelling peut changer votre façon de communiquer

Vous avez sans doute rencontré des milliers de personnes dans votre vie. A l’occasion de soirées, d’événements, de networkings, etc. Vous avez probablement assisté à des centaines de prises de parole en public. Des talks, présentations professionnelles, discours de mariages, etc. Et pourtant, certaines personnes ont davantage marqué votre esprit que d’autres. Vous vous souvenez d’elles de façon très précise.  D’après vous, pourquoi ?

Parce qu’il y avait quelque chose de magique dans leur intervention. Ce petit supplément d’âme qui crée immédiatement une connivence, un lien subtil et particulier. Les américains l’ont baptisé le storytelling. Repensez aux personnes qui vous ont marqué : n’y a t-il pas une anecdote, une petite histoire qu’elles vous ont raconté et qui a résonné en vous, tant et si bien que vous reliez l’anecdote à la personne en question ?

 

Il y a quelques jours, j’ai participé à des jurys d’entrée en école de commerce. Tous les candidats que j’ai vu défiler étaient sympas, touchants, uniques chacun à leur manière. L’épreuve orale commence pour eux avec le commentaire d’une citation ou d’un dessin, qu’ils ont préalablement préparé en salle. Ce jour-là, j’ai été sciée par ce que j’ai vu, même si dans le fond je ne m’attendais pas à autre chose. Les premières minutes de chacun des entretiens ont été absolument similaires sur la forme :  introduction / problématique / partie 1 / partie 2 / conclusion / question d’ouverture. Aucun des candidats vus ce matin là n’a dérogé à la règle. A ce moment précis, j’ai eu l’occasion de me souvenir à quel point notre système éducatif crée des profils rigoureux, structurés … à tel point que les élèves perdent peu à peu de leur relief pour coller au cadre auquel ils doivent se conformer.

L’enseignement que nous avons reçu à l’école sollicite à 100% notre cerveau gauche. Siège du rationnel,  de l’analytique, de la pensée carrée et organisée. C’est une excellente base pour apprendre à structurer ses idées. Malheureusement, elle ne se suffit pas à elle-même. Dans un contexte de communication, de prise de parole, d’explication de qui nous sommes, de ce que nous faisons, de ce que ce que nous souhaitons démontrer, elle doit être soutenue par le cerveau droit. Celui des émotions, de la prise de décision, du feeling.

« Les gens oublieront ce que vous avez dit, ils oublieront ce que vous avez fait, mais n’oublieront jamais ce que vous leur avez fait ressentir. »

Maya Angelou

C.Q.F.D.

Voilà pourquoi certaines personnes sont si douées pour communiquer : elles ont appris à capter l’attention de leurs interlocuteurs en leur faisant ressentir quelque chose au fond d’eux. Elles laissent une trace sur leur passage grâce au cerveau droit. Parce qu’elles savent pertinemment que les histoires créent des connections émotionnelles entre les gens. C’est tout l’art du storytelling.

Souvenez-vous du discours de Steve Jobs à Stanford. Tous les ingrédients du storytelling y sont : anecdotes personnelles, partage de prises de conscience personnelles, succès, échecs, leçons de vie, etc. Pourquoi ce discours a t-il tant marqué les esprits ? Parce que chacun de nous peut s’y reconnaître à différents stades, et parce qu’il nous touche en tant qu’êtres humains. On se souvient toujours des histoires personnelles, parce qu’elles nous font ressentir quelque chose de spécial.

 

En quoi le storytelling peut-il vous aider à mieux communiquer ?

Vous avez sans doute déjà entendu le mot storytelling dans un contexte marketing, beaucoup de marques s’en servent pour se créer un univers qui leur est propre. Ce qui m’intéresse ici, c’est de vous montrer comment vous pouvez utiliser cette technique à votre échelle, pour mieux communiquer.

Comme je vous l’ai expliqué plus haut, le storytelling fait appel au cerveau droit, celui des émotions, du feeling. C’est ce cerveau qui décide si vous « sentez » une situation, une personne, ou pas. C’est le siège de votre intuition, de vos émotions. Autant vous dire que cette information a son importance, car c’est en sollicitant chez votre interlocuteur son cerveau droit que vous allez créer avec lui un lien particulier.

Vous avez vu le film Vice-Versa ? C’est un dessin animé sur les émotions. Je vous le recommande vivement ! Si vous l’avez vu, alors sans doute vous souvenez-vous que tous nos souvenirs ont une « coloration émotive », plus ou moins forte. Ils sont liés à de la joie, de la peur, de la surprise, de l’anxiété, de la colère, de la tristesse, du dégoût, etc. Ce que nous retenons le mieux en terme d’informations, c’est ce qui touche nos émotions d’une façon ou d’une autre. Autrement dit, si l’on ne réveille pas nos émotions, nous ne créons pas de souvenir dans notre banque personnelle de mémoire.

« Tu me dis, j’oublie. Tu m’enseignes, je me souviens. Tu m’impliques, j’apprends. »

Benjamin Franklin

L’être humain a besoin de se sentir impliqué pour retenir et apprendre. En utilisant le storytelling, vous vous donnez donc la possibilité de vous différencier des autres, d’inscrire un message inoubliable dans l’esprit de vos interlocuteurs, et d’humaniser votre communication.

 

Quand utiliser le storytelling dans votre vie ?

A peu près tout le temps, aussi bien dans votre vie pro que perso. Le storytelling peut vous aider à vendre un produit, un service, par exemple en racontant une anecdote sur une situation vécue que le client va reconnaître, et qui créera une connivence entre vous.

Il peut vous aider lors de vos prises de parole (présentation professionnelle, formation, discours, etc.) pour capter l’attention de votre auditoire, briser la glace, faire passer votre message de façon impactante.

Il est aussi très puissant pour votre personal branding : pour vous présenter à une ou plusieurs personnes (j’ai écrit un billet sur le Golden Circle de Simon Sinek à ce sujet).

 

Le storytelling : c’est quoi le mode d’emploi ?

Les techniques de storytelling que vous pouvez utiliser son infinies … sky is the limit baby !

Voici quelques possibilités qui vous permettront de solliciter l’imagination, les émotions, le rêve chez vos interlocuteurs :

  • Anecdotes / histoires personnelles – C’est la technique la plus courante. Un seul mot d’ordre : soyez sincère et authentique ! L’anecdote personnelle est une méthode efficace pour créer un effet brise glace, faire baisser la tension du début avec votre public, les mettre à l’aise et vous aussi. Dans les exemples courants on peut trouver le partage d’impressions personnelles. Dans un contexte de communication avec un large public, c’est inhabituel d’entendre les personnes s’exprimer sur leurs ressentis. Comme c’est osé, ça touche forcément : « Je vous avoue que … tati tata » …. « Voilà ce que je me suis dit … » En partageant ce qui se passe dans votre tête, vous créez une connexion avec votre audience, une complicité. Vous les faites entrer dans les coulisses de votre vie, vous rendez vos pensées accessibles. Dans un sens, vous ne jouez plus un rôle, vous êtes vous même. Et du coup, crédible.
  • Métaphores / comparaisons / contes – Ce n’est pas un hasard, si on raconte de belles histoires aux enfants. C’est pour leur permettre de comprendre un message subtil au travers d’une image accessible. Lorsqu’il s’agit d’expliquer des concepts pointus, utiliser une métaphore ou un conte est une alternative optimale. Si vous travaillez dans un secteur technique et que vous trouvez difficile d’expliquer ce que vous faites à des néophytes, cette technique vous évitera de vous noyer dans des explications sans fin. Récemment, une spécialiste des montres à complication a tenté de m’expliquer la construction d’un « mouvement ». J’ai compris au moment où il a utilisé l’image d’un hamburger avec ses différentes couches pour faire une comparaison avec le système en question :) Sachez connaître votre public pour utiliser des images qui sauront résonner par rapport à leur univers.
  • Films courts / récits illustrés – De la même façon, la vidéo est un outil super pour faire passer vos idées. Beaucoup de managers s’en servent pour motiver leurs troupes lors de séminaires ou grands meetings. Cette vidéo (un peu kitch, je vous l’accorde) « Qui a piqué mon fromage ? »  illustre parfaitement les difficultés auxquelles peut se confronter un entrepreneur : comment porter un regard positif sur les défis et obstacles qui se présentent à lui ? Pourquoi est-il important de se remettre sans cesse en question ? Pourquoi est-il important d’avoir des plans B ? Comment surmonter ses peurs et apprendre de ses échecs ? Etc. Il en existe plein d’autres sur Youtube, que vous pouvez utiliser pour faire passer vos idées.
  • Citations / proverbes / adages – Ils sont extrêmement puissants pour marquer les esprits. Le web en regorge, ainsi que les réseaux sociaux. Pour chacun, ils résonnent différemment selon notre histoire personnelle, nos expériences. Vous pouvez vous amuser faire deviner leur auteur. Toujours dans l’esprit entrepreneurs… savez-vous qui a dit cela ? « J’ai raté 9000 tirs dans ma carrière. J’ai perdu presque 300 matchs. 26 fois, on m’a fait confiance pour prendre le tir de la victoire et j’ai raté.  J’ai échoué encore et encore et encore dans ma vie. Et c’est pourquoi j’ai réussi. » … Michael Jordan !

 

Quelques clés avant de terminer …

Pour que votre storytelling soit efficace, demandez-vous toujours :

  • Est-ce que mon histoire a du sens par rapport au message que je veux transmettre ?
  • Quel est mon objectif en la partageant ?
  • Est-ce que l’histoire que j’ai choisie va résonner chez cette personne / ce public ?

Une fois que vous avez validé votre histoire, alors osez, amusez-vous, c’est la meilleur façon de laisser une empreinte chez vos interlocuteurs. Intriguez, accrochez, créez une interaction !

Les candidats que j’ai vus lors de ces jurys sont jeunes. Ils vont passer le bac dans quelques mois et se servir de leur cerveau gauche pour réussir leurs épreuves. J’ai bien conscience qu’ils n’ont pas encore le recul nécessaire pour oser sortir des sentiers battus. Heureusement, ils auront tout le loisir de reprendre leur « forme » initiale dans leurs premières années d’études supérieures. Après cela, je leur souhaite sincèrement de se risquer à être originaux, surprenants dans leurs présentations, de tenter de nouveaux chemins, d’oser être authentiques et d’en faire de belles histoires qui créeront à coup sûr une connexion avec leur public.

Si vous voulez apprendre d’autres trucs pour parler en public, n’hésitez pas à rejoindre mon atelier afterwork du 23 Juin !

Belle soirée,

Marion