J’ai des souvenirs très très concrets des périodes récurrentes et assez peu réjouissantes au cours desquelles je cherchais stages, jobs et toutes-opportunités-disponibles-pourvu-que j’ai-un-truc-cet-été (chuuut ça faut pas le dire). Bon encore heureux, car elle n’est malgré tout pas si lointaine.

Je me souviens que l’une de mes proches amies m’avait envoyé un genre de présentation Marketing d’elle même. Une arme de destruction massive qu’elle utilisait à  chaque entretien, synthétisant en gros son elevator speach, une présentation succincte de ses compétences, un argumentaire du style « pourquoi je suis là , pourquoi vous devez m’embaucher moi et pas une autre, qu’est-ce que je vais vous apporter de miraculeux » et ses 3 qualités / défauts (au cas o๠la question tombe). Son document m’avait considérablement aidé. Elle avait sans doute dû comprendre avant moi que je me posais toujours beaucoup de questions, mais jamais celles qui tombent! (pour ceux qui n’auraient pas suivi, voir ici). Bref, c’était top. D’ailleurs, pour ceux que ça intéresse, j’ai toujours ma version!

Bon je disgresse là . Tout ça pour en venir au point des 3 qualités / 3 défauts. Que celui à  qui on n’a jamais posé cette question à  un entretien lève le doigt. Bon, voilà . Bah moi, mon plus gros défaut quand j’étais étudiante, c’était ma sensibilité, mon émotivité. C’était un vrai, bon gros défaut, bien fat, bien là , et il fallait vraiment avoir de la merde dans les yeux pour ne pas le voir. Mais figurez-vous qu’en entretien ça ne se dit pas. C’est signe de faiblesse, de mollesse, de poltronnerie, d’incapacité à  affronter le stress, enfin bref de tout ce qu’on veut y associer. C’est comme Voldemort dans Harry Potter, c’est le truc-dont-on-ne-prononce-pas-le-nom. « Hein?? Elle est sensible? Olà là à à à  mais c’est terrible ça!!! » Du coup, qu’est-ce que je faisais? Bah au lieu de déballer mon bon gros défaut, puisque loin de moi l’idée d’outrepasser les respectables règles d’usage, j’en déballais 3 tout miteux. Vous savez les fameux « faux-défauts ». Alors euuh « ben je suis très perfectionniste, parfois un peu trop impliquée, et parfois un peu trop organisée ». Super. Merci. Suivant! Et voilà  comment on se ment à  soi-même, aux autres, à  tout le monde!! Bravo!! Le prix de l’interprétation revient à  … Marion!!

Mais venons-en au fait. Sérieusement, est-ce vraiment une si grosse tare d’être sensible? Bon, en l’occurrence, dans le secteur du Luxe que je ciblais à  l’époque, et qui est ni plus ni moins une énoooorme arène de fauves… oui, non, effectivement ça n’aide pas.

Ce que j’ai mis du temps à  comprendre en fait, c’est que ce qui peut être perçu comme une énorme tare chez les uns peut être une vraie potion magique, un truc fantastique, un sésame qui ouvre des milliers de portes chez les autres. LA clef d’entrée dans un secteur différent, un métier différent.

Bon maintenant j’ai compris, c’est bien pour ça que je me reconvertis!

Allez, bon weekend les loustics!

Photo / JR, Women are Heroes (Huffington post, Vanderlei Almeida)