Portraits de génies // Mercedes Erra, intrépide & fonceuse

Pour ceux qui ne la connaissent pas, Mercedes Erra c’est la reine de la Pub : co-fondatrice de l’agence BETC, elle a en 20 ans réussi à classer sa boîte parmi les agences les plus créatives au monde. Air France, « Faire du ciel le plus bel endroit de la Terre », Evian « Déclarée source de jeunesse pour votre corps », Petit Bateau et les âges exprimés en mois… Tout ça, c’est Mercedes. En deux mots : une femme visionnaire.

Pourquoi vous parler de Mercedes? Parce que j’ai eu l’occasion de la voir s’exprimer lors d’une conférence l’année dernière, et qu’elle ma fascinée par son patate, sa simplicité et son franc-parler. Enfin surtout par son franc-parler d’ailleurs. Avec Mercedes, pour les chichis, les non-dits et les formules gnangnans, on repasse. Du coup j’ai eu envie de vous résumer en quelques points la philosophie de Mercedes, sans aucun doute celle qui l’a menée là où elle est maintenant d’ailleurs. Ça vous paraîtra peut-être très tourné entrepreneuriat, mais regardez-y à deux fois. Vous allez voir que ce sont surtout des règles de vie que l’on peut s’appliquer tous les jours, que l’on soit entrepreneur ou non. Let’s go !

Être impactant, comprendre les besoins des autres et accueillir l’échec

« J’aime pas tout ce qui est mou ». C’est pas de moi, c’est de Mercedes :) Selon elle, pour se distinguer (de ses concurrents, notamment), il faut être impactant. « On se plante quand on fait des trucs mous, il faut faire des trucs forts ». Bon, pour quelqu’un qui bosse dans la communication, vous allez me dire que ce n’est pas d’une originalité criante. Mais réfléchissons-y, cela s’applique aussi à notre attitude, à nos comportements. Marquer par son passage, c’est important. Quitte à prendre des risques, donc.

Pour être sûr de ne pas se tromper, il faut aussi comprendre à 100% les besoins de son client. C’est très bien de faire un truc joli et tout ce qu’on veut, mais si on ne fait pas quelque chose d’utile aux autres, ça ferme les opportunités de business. « Il ne faut pas chercher à tout prix la différence, l’enjeu des entrepreneurs c’est de répondre à un besoin, l’enjeu ce n’est pas l’originalité, ce n’est pas l’écart, c’est de comprendre si on résout une problématique pour les gens. En règle générale, quand on résout une problématique pour les gens, on a des succès. Les marques qui se regardent trop le nombril, elles fonctionnent beaucoup moins bien que les marques qui rendent un service aux gens. » 

Son crédo : « On ne persuade les autres qu’en les écoutant ». Mmmhh, j’ai bien envie de dire que c’est un credo applicable de façon bien plus large… à bon entendeur !

Enfin, savoir accueillir l’échec. S’en remettre. Et se relancer, plus fort encore, grâce aux expériences loupées ! « Les projets c’est très difficile à dire « ça marche, ça marche pas », il faut faire, et puis il faut regarder, et puis si ça se casse la gueule, il faut recommencer, et puis c’est tout (…) L’échec c’est un truc formidable, moi parfois j’ai raté certaines publicités, j’ai essayé d’expliquer à mes clients que c’était pas le moment de me quitter, parce que j’étais en pleine forme pour en trouver une qui allait marcher, parce que j’avais compris où étaient les erreurs. » L’échec, socle de la réussite en quelque sorte.

Les relations aux autres : authenticité, franchise, conviction

Interrogée lors d’un interview pour savoir s’il est important pour les candidats de dire les choses en entretien de recrutement, Mercedes répond sans détour : « la clarté, la simplicité, le tempérament de dire ce qu’on pense, d’être authentique, c’est quand même très efficace et puis c’est moins compliqué (…) j’aime mieux qu’ils se trompent, qu’ils disent des bêtises, mais qu’ils disent quelque chose (…) moi j’aime bien les gens qui ont un point de vue. Je pense qu’il vaut mieux rêver, croire que l’on peut bouger le monde, que croire qu’il faut faire attention et qu’il ne faut pas énerver la personne qui est devant. Trop de respect nuit. »

Ça, Mercedes ne se cache pas derrière son petit doigt, c’est sûr. Quand on lui demande ce qu’elle pense de quelque chose, elle le dit, quitte à bousculer un peu. Bon évidemment, c’est le contraire de ce que nous ont appris l’école et nos parents, c’est sûr. Mais à bien y réfléchir, les conventions sociales nous mettent pas mal de bâtons dans les roues à ce niveau-là. Finalement, rien ne correspond plus à la description faite ci-dessus par Mercedes qu’un… enfant ? Spontané, naturel, idéaliste… Bon, c’est un autre sujet, mais quand même !

Pourquoi ça nous paraît si compliqué, de dire ce qu’on pense ? Par crainte du regard des autres, souvent. Par peur de se tromper, aussi. A ce sujet, voici ce que pense Mercedes : « Il ne faut pas être trop inquiet de l’image que l’on donne (…) Je pense que quand on complique un peu trop, qu’on se met trop en scène, finalement c’est le contraire du bon fonctionnement (…) ça marche très bien l’authenticité et le naturel ! »

C.Q.F.D.

En quelques mots, Mercedes Erra c’est une cocktail dynamique d’idées sacrément aidantes et salutaires :

  • Ne pas se mettre de frein(s)
  • Ne jamais complexer
  • Ne pas avoir peur de se planter

Vous en reprendrez bien une p’tite dose ?

Photo / Ted x HEC Paris