Le charisme, mode d'emploi

N’allez pas croire que le sujet m’est venu comme ça, voyons. Non non. Hier matin j’ai participé à l’atelier « Développer son charisme professionnel grâce au storytelling non verbal », présenté par Katell Gringoire, dirigeante et fondatrice du cabinet Strategic-IM, spécialisé dans le conseil en management d’image.

Le sujet a dû faire tilt, car visiblement la salle était trois fois plus remplie qu’aux ateliers habituels organisés par la ville de Levallois. A mon avis on s’est tous arrêtés au 3 premiers mots du thème, parce que bon, tant mieux si on peut en tirer profit professionnellement, mais bon le charisme on aimerait tous bien en avoir tout court. Non?

J.F. Kennedy, Gandhi, Margaret Thatcher, Marilyn Monroe, Barack Obama, Steve Jobs, Nelson Mandela, Indira Gandhi. Tous ont le même point commun: ce sont des légendes, ils ont marqué les esprits de leur génération et des suivantes.

Alors la définition du charisme selon Max Weber (le premier sociologue à s’y être intéressé) c’est : « une certaine qualité de la personnalité individuelle, en vertu de laquelle il / elle se distingue de gens ordinaires. »

Donc en gros, c’est quelqu’un qui influence, séduit, fascine les autres par ses actions, ses comportements, ses attitudes. Quelqu’un qui détient ce petit plus indéfinissable, qui nous vend du rêve, quoi. Soyons honnêtes, on en connaît tous un autour de nous. La bonne nouvelle, selon Katell, c’est que le charisme n’est pas un don. On ne naît pas charismatique, on le devient. Ouf. Bon en même temps je n’aurais pas posté cet article dans le cas contraire… Arf.  La seconde bonne nouvelle, c’est que le charisme n’a rien à voir avec le charme, la beauté, la richesse, l’intelligence, le fait d’être grand, d’avoir du pouvoir, tout ça. Ouf ouf. On peut continuer :)

En fait, le charisme passe énormément par la communication non-verbale, qui elle même représente… attention, vous êtes assis?… 93% de notre communication. En gros, ce que vous racontez est secondaire. Ce que l’on retiendra chez vous c’est la forme plus que le fond : votre apparence, vos gestes, vos regards, votre attitude, votre voix, etc. Ce qui nous mène donc au 1er point! Je vais développer les points abordés par Katell hier, et j’y ajouterai par-ci par-là le fruit de mes petites recherches persos sur le sujet et mes anecdotes. C’est parti!

Jouer avec son apparence

Eh oui, malgré tout ce que l’on voudrait croire et malgré tous nos efforts, nous jugeons autrui sur son apparence. On le passe au scanner de notre perception et on fait des hypothèses sur son origine sociale, son éducation, son groupe d’appartenance, son âge, sa vie e tutti quanti. Et après l’avoir gentiment passé au rayon laser, on le met dans la petite case qui correspond. Dur à entendre, mais c’est la réalité. Après, libre à nous de ne pas tenir compte de nos jugements, mais on les aura malgré tout.

Un monsieur est intervenu pour raconter qu’il s’amusait parfois à s’habiller comme un pouilleux pour aller chez Dior ou Hermès et tâter le terrain. Un mystery shopper auto-proclamé aux ambitions purement sociologiques quoi. Sensationnel. Alors visiblement on est mieux accueilli dans certaines boutiques que dans d’autres. Des managers malins ont dû briefer leurs vendeurs pour qu’ils se débarrassent de leur jugement personnel sur les clients. Eh oui, parfois on aurait envie de donner dix balles à un mec, mais en fait c’est lui qui pourrait racheter la boutique d’un claquement de doigts.

Donc, l’habit ne fait pas le moine, mais bon il fait quand même bien le moine. Nos vêtements transmettent un message, une information, il vaut donc mieux s’habiller en fonction de nos ambitions. Le truc super, c’est que le vêtement et l’accessoire peuvent devenir des alliés du charisme et nous servir à marquer les mémoires.

Lors d’une conférence à laquelle j’ai assisté récemment, la jeune intervenante, une vraie pro du networking, conseillait justement aux filles de se distinguer dans leurs tenues lorsqu’elles se rendent à une soirée réseau, une conférence, un séminaire, ou tout autre lieu où l’on rencontre des personnes que l’on aimerait bien revoir. Une veste fluo, un accessoire remarquable, un imprimé visible. Elle-même était vêtue ce jour là d’un pull bariolé noir et blanc dont je me souviens encore. Et son plus grand exploit est d’avoir dégainé un perfecto à clous aux universités d’été du MEDEF. Pour les hommes, on peut jouer sur un nœud papillon, des lunettes, des vestes, un chapeau. C’est un ainsi que mon papa a été surnommé « l’homme au chapeau » par une amie, car il avait en permanence un Borsalino ou une casquette sur la tête. Trouvez votre arme absolue et différenciez-vous!

Savoir être visible

En complément de l’attitude, le charismatique a une vrai présence. Pourquoi? Parce qu’il sait se rendre visible, se montrer, occuper l’espace. Vous êtes forcément déjà tombé sur quelqu’un qui s’étalait de tout son long sur son fauteuil en réunion, position d’étirement & co ? Et vous avez aussi dû faire l’expérience de celui qui est tout ramassé sur lui même, qui s’excuse d’être là et qui voudrait bien disparaître sous terre si on lui en donnait la permission? Plus on est visible, plus on laisse une empreinte. On est souvent plus marqué a posteriori par le pouvoir d’animation d’un speaker, sa capacité à nous captiver que par le contenu de son message.

La présence, ça se résume à ça:

steve jobs emotion

Pour être charismatique, les postures, la gestuelle, la gestion des distances à l’interlocuteur sont essentielles. Elles peuvent inverser un rapport de force, permettre de marquer un territoire, et transmettre bien plus de messages qu’on ne pourrait l’imaginer. Cette vidéo Ted d’Amy Cuddy le montre bien.

Travailler son aisance relationnelle

Last but not least, un charismatique n’est rien s’il est tout seul sur son île déserte. Ce sont ses interactions avec les autres qui le forgent, le nourrissent. L’une des clés de l’aisance relationnelle est de parler, d’écouter et de vivre le moment présent. Ça peut paraître banal, mais peu de gens savent le faire.

  • Parler : oser prendre la parole, exprimer ses opinions, défendre ses idées, ne pas être un simple spectateur
  • Écouter : beaucoup de personnes n’écoutent pas leur interlocuteur. Elles sont fixées sur leurs idées, sur l’argument qu’elles vont pouvoir dégainer une fois que l’autre aura enfin terminé de déballer ses âneries. L’écoute active ça s’apprend. Avoir de l’intérêt pour l’autre, retenir les informations qu’il donne, même banales (métier, âge, famille, passions, whatever), pour les réutiliser plus tard, ça suscite souvent beaucoup de reconnaissance et ça a son petit effet
  • Être là : beaucoup de personnes sont dans leur monde, ce qui les rend invisible. Si vous planez, les autres auront l’impression qu’ils vous ennuient, qu’ils ne vous intéressent pas. Descendez sur terre, soyez concentré, soyez là!

La différence entre parler et écouter, c’est la différence entre se porter de l’intérêt à soi-même et porter de l’intérêt aux autres. Il m’est arrivé lors d’un mariage d’être assis à côté d’un garçon très agréable au demeurant, sans doute très intelligent au vu du palmarès de réalisations dont il m’a généreusement fait part, mais absolument incapable de s’intéresser aux personnes qui l’entouraient. Celui qui au début aurait pu m’apparaître comme quelqu’un de charismatique m’a rapidement fait l’impression d’un… coq. Il savait très bien se valoriser, mais ça s’arrêtait là. On a passé 90% de la conversation sur sa personne et 10% sur la mienne. Je n’avais qu’une hâte c’était que ça s’arrête!

A mon sens, l’ultime talent du charismatique est celui-là : trouver le bon équilibre, savoir valoriser les personnes qu’il a en face de lui, sans tomber dans la flatterie faux-cul ni dans la complaisance. D’ailleurs c’est ce que l’on apprécie généralement chez les gens charismatique : à leur côté on se sent important, doué, car ils font ressortir le meilleur de nous même.

Miser sur ses expressions faciales et son « savoir être »

Le contact visuel se travaille aussi. Un regard fuyant rend invisible, il faut dépasser la peur de regarder les gens en face. Nos expressions faciales et notre regard sont des vecteurs importants de charisme. Comme le répète Katell, « votre sourire est votre plus gros atout charismatique! ».

Popularisés avec la série Lie to me, les travaux du Dr Paul Ekman sur les expressions faciales montrent à quel point elles sont importantes dans la traduction de nos pensées. Le blog Mentalismeblog.wordpress.com décripte les expressions de ces politiciens pris sur le fait:

« La honte est un fort sentiment de gène, d’embarras,  d’abaissement, ou d’humiliation. C’est également le sentiment d’avoir commis une action indigne de soi, et de subir le jugement défavorable des autres. Lorsque vous voyez les caractéristiques ci-dessous, la personne a sûrement quelque chose à se reprocher :

* sourcil légèrement froncé =muscles pyramidaux
* regard baissé vers le sol
* les lèvres disparaissent à l’intérieur de la bouche =muscle orbiculaire de la bouche »

En dernier lieu, Katell a bien insisté sur l’indispensable respect des codes, protocoles et étiquettes. Le charismatique est à l’heure (le politesse des rois), il montre de l’intérêt à son interlocuteur (donc il ne textote pas en même temps), il se souvient des prénoms des personnes qu’on lui a présenté, il ne coupe pas la parole et il paie un minimum d’attention à la carte de visite qu’on lui tend. Bref, il sait se bien se tenir.

En conclusion, je dirais que tout ça c’est bien beau, mais le truc que l’on ne dit pas et qui est le plus difficile dans tout ça, c’est d’être et de rester soi. Être cohérent intérieurement, confiant, acquérir une force tranquille, être autonome afin de ne pas vivre qu’au travers la validation et le regard des autres. Savoir où l’on va, être ferme dans ses opinions tout en étant ouvert au changement. Avouer ses petites imperfections sans pour autant s’auto-flageller. Pour moi, ce subtil mélange est celui qui façonne un vrai personnage charismatique.

Bon weekend!

Photo 1 / Ledevoir.com – Photo 2 / Designemotionnel.fr – Photo 3 / Mentalismeblog.wordpress.com


La PNL, kesako ?!

Comme je vous le disais précédemment, voilà un peu plus d’un mois que j’ai commencé ma formation à la PNL. Et j’adooore! Bon, mais je crois que ce n’est pas le cas de tout le monde. Alors face aux mines déboussolées de mes interlocuteurs, aux sourcils froncés, aux regards en biais et autres mélanges de curiosité et de méfiance, je me suis dit que ça pourrait être pas mal de clarifier le concept de la PNL, au demeurant assez opaque voire… bizzaroïde ?!

Pour tout vous dire, je me suis décidée à écrire ce post ce matin en croisant sur le Linkedin d’une amie ce passage de l’Encyclopédie du savoir relatif et absolu d’Edmond Wells:

Entre
Ce que je pense,
Ce que je veux dire,
Ce que je crois dire,
Ce que je dis,
Ce que vous avez envie d’entendre,
Ce que vous croyez entendre,
Ce que vous entendez,
Ce que vous avez envie de comprendre,
Ce que vous comprenez,
Il y a dix possibilités qu’on ait des difficultés à communiquer.
Mais essayons quand même

Parce que voilà, pour moi la PNL c’est un peu la réponse à ça ! Avez-vous remarqué à quel point on se prend la tête pour communiquer dans la vie ? J’avais déjà écrit un peu à ce sujet dans ce post. Eh bien voilà, la PNL c’est une discipline qui vise au développement de la personne dans la relation à soi, la relation au monde et la relation aux autres, pour que toutes ces choses soient un peu moins compliquées à gérer!

Plus sérieusement, en voici une définition que je trouve très complète par Florence Servan-Schreiber (l’auteure de 3 kifs par jour), qui fut l’une des premières à l’enseigner en France dans les années 80.

« La programmation neuro-linguistique (PNL) est un ensemble de techniques de communication et de transformation de soi qui s’intéresse à nos réactions plutôt qu’aux origines de nos comportements. Elle privilégie le comment au pourquoi, propose une grille d’observation pour améliorer la perception que nous avons de nous-mêmes et des autres. Elle permet également de se fixer des objectifs et de les réaliser. C’est une boîte à outils, dont la clé réside dans le langage et l’utilisation que chacun de nous fait de ses cinq sens et de son corps. Son but : permettre de programmer et reproduire ses propres modèles de réussite. »

Alors si je me mets en mode Wikipédia, faut aussi que je parle de la critique, des détracteurs, tout ça. Alors, à ma petite échelle, j’ai remarqué lors de mes échanges avec des non-PNListes que le mot « programmation » était celui qui leur posait le plus problème, car il renvoyait à une image de manipulation, de remaniement, tripotage de cerveau, que sais-je encore.

Hum. En fait pas du tout. Dans ce mot, on entend tout simplement le fait que certains de nos apprentissages deviennent des réflexes, des automatismes, ancrés dans notre mémoire. Que ce soit au niveau de ce nous pensons, de la façon dont nous agissons ou dont nous ressentons les choses. La plupart sont des automatismes aidants (on est contents de se souvenir comment se servir d’une poignée quand on se retrouve devant une porte…), mais certains peuvent être franchement limitants (être déconfit quand on doit prendre la parole, ou alors se voir tout le temps freiné dans nos envies par notre petite voix intérieure rabat-joie et enquiquinante). Le principe c’est donc de reprogrammer ces trucs là pour se rendre la vie plus sympathique. Ah oui, et pour ce qui concerne la manipulation, dont le principe de base est une relation gagnant-perdant, elle ne rentre pas dans le domaine de la PNL qui se concentre sur une relation gagnant-gagnant. Voilà, na.

Alors moi j’ai décidé de me former à la PNL parce que ça me semblait être une base fondamentale pour le coaching. Mais après, il y a autant de profils de participants que de bonnes raisons de vouloir bien communiquer…! Des managers, des parents d’ados (!), des professeurs, des médecins, des étudiants, des osthéos, et j’en passe.

Voilà, j’espère que ça vous aura aidé ! Alors je ne sais pas si c’est cette technique là que l’on devrait apprendre à l’école, mais ce dont je suis certaine c’est que l’on pourrait apprendre à être un peu moins manchots en communication un peu plus tôt qu’à l’âge adulte !

Allez, bon weekend !

Photo 1 / Chezsib.fr


La magie de l'imperfection

Il y un mois, j’ai commencé une formation en PNL (Programmation Neuro-Linguistique). Cet enseignement m’a ouvert les yeux sur plein de belles choses, mais ce dont je voudrais vous parler aujourd’hui, c’est surtout de mon petit groupe de formation.

Un beau matin d’Octobre, après avoir savouré un petit café et quelques biscuits dans le petit salon de cet appartement haussmannien, on s’est donc tous retrouvés assis sur nos petites chaises, face à notre nouvelle prof et à son paperboard. Quand je dis tous, ça vaut le coup de détailler. Une dizaine de personnes, plus différentes on ne fait pas (oh le préjugé!). Et alors est arrivé le moment tant redouté de la présentation personnelle à tout le groupe. « Comment t’appelles-tu? Que fais-tu? Comment as-tu connu la PNL? Pourquoi es-tu là? » La richesse de notre petit groupe a commencé à se révéler. Il y avait là une mixité d’âges, de sexes, de nationalités, de parcours, de profils absolument époustouflante, et tout autant de raisons différentes pour étudier la PNL. Pour mieux manager, pour mieux écouter, pour mieux accompagner, pour mieux déléguer, pour mieux coacher, patati patata.

Et puis, on a travaillé ensemble. Un jour, deux jours. Pour ceux qui ne connaissent pas le PNL, on y apprend des techniques de communication que l’on met ensuite en pratique grâce à des petits exercices par groupes de 3 personnes. Et là, c’est goodbye pudeur et complexes. Car même si au début on essaie tant bien que mal de ne pas parler de nos vraies problématiques il faut bien reconnaître que tôt ou tard elles arrivent sur le tapis comme un retour de boomerang!

Et puis le troisième jour, voilà notre cher Directeur de centre qui vient se présenter, et demande à chacun de se présenter. Rebelote. Sauf que nous, on avait appris à se connaître, eh eh. Entre temps il y avait eu des fous rires irrépressibles, des feedbacks constructifs, des discussions de couloir, des boutades complices, des échanges de vécu, des partages de goûters, de bonbons, de déjeuners, enfin la vie, quoi. Et alors là, ça a été fascinant de voir les langues se délier, et tous les participants parler de leur vraie raison d’être là. Qui soit dit en passant n’avait plus grand chose à voir avec celle énoncée le premier jour! Facile, on se connaissait avec nos petites imperfections, nos problématiques existentielles, et on avait finalement plus grand chose à se cacher.

Et alors est née une fantastique bienveillance les uns à l’égard des autres, une bienveillance quasi inconcevable au jour 1. Dingue.

Et puis la semaine dernière, au détour d’une conversation avec l’un des participants, j’évoquais justement la façon dont toutes nos barrières étaient tombées en quelques jours, les uns vis à vis des autres. Il m’a alors racontée une anecdote qui m’a beaucoup amusée et qui ne m’a pas surprise. Ce participant, dans son cadre professionnel, fait partie de deux groupes de travail distincts. L’un est orienté networking, échange de pratiques. L’autre est une formation à un domaine assez technique, nécessaire à son activité. Les adhérents à ces deux groupes de travail sont différents, mais leur background est le même. Et ce sont essentiellement des hommes – n’y voyez aucun féminisme, c’est l’anecdote qui veut ça! Mon petit camarade m’explique alors que dans le premier groupe, les participants sont plus « coqs » les uns que les autres, ils comparent sans vergogne leurs profils, se targuent de leurs exploits professionnels, enfin bref, ils se la pètent grave. Dans le second groupe en revanche, les participants sont dans une dynamique d’apprentissage, et du coup contraints pour mieux avancer de reconnaître leurs faiblesses ou leurs incompétences lors de leurs échanges avec le groupe. Il s’est ainsi créé, dans ce second groupe, un soutien et une complicité qui seraient inimaginables dans le premier groupe, où la fanfaronnade règne en maître.

Franchement, je ne peux pas m’empêcher de faire un lien entre son anecdote et ce que nous vivons au sein de notre formation, et avec la vie en général. Force est de constater que nous doutes intérieurs, nos faiblesses avouées, nos peurs, la reconnaissance de nos incompétences nous rapproche, nous soude, brise la glace et nous rend finalement plus humains, plus sympathiques, plus vrais. Plus nous, quoi.

J’avais initialement appelé cet article « la magie de l’effet de groupe », mais je pense que les deux sont étroitement liés. Car sans rentrer dans de grands débats philosophiques, pourquoi se sent-on imparfait? Parce que l’on passe notre vie à se comparer aux autres. Alors forcément, quand on comprend qu’ils sont comme nous, ça fait du bien!

Allez, on termine par une petite phrase aristotélicienne (si si ça se dit!) : « Etre heureux ne signifie pas que tout est parfait. Cela signifie que vous avez décidé de regarder au-delà des imperfections. »

Watchoumi!

Photo / Wong Tai Sin Temple, Hong Kong, Décembre 2012 (beauté du premier plan vs. barre d’immeubles de l’arrière plan > la magie de l’imperfection!)


We could be heroes! (version française)

Ce weekend, j’ai vécu une expérience humaine incroyable, j’ai participé au Happy Happening au Carreau du Temple!

Happy Happening, c’est quoi ce truc? Alors, hum hum… après un certain nombre de tentatives infructueuses pour en expliquer le contenu à mon mari (trois jours plus tard il pense toujours qu’il s’agit d’un rassemblement sectaire post-féministe, et je dois dire que la baseline « Fabrique à héroïnes » n’est pas très aidante), je vais essayer d’être un peu plus claire pour vous mes chéris. Happy Happening c’est un forum / salon / labo à idées principalement destiné à un public féminin appartenant à la génération Y, visant à rebooster les unes et les autres dans la réalisation de leurs rêves, grâce à des conférences / débats / ateliers / stands réunissant plein de personnes hyper inspirantes. Beau programme n’est-ce pas?

Si vous n’avez toujours pas compris, voici leur site internet mouahah :) http://www.happyhappening.fr/

Alors voilà, moi je m’étais inscrite essentiellement pour les conférences, car j’adooore écouter pendant des heures des personnes raconter leur parcours. Bon, il se trouve que les organisatrices ont été victimes de leur succès et que l’auditorium est vite devenu trop petit pour contenir toutes les héroïnes que nous étions (n’ayons pas peur des mots). Du coup je n’ai pas pu assister à toutes les conférences, mais tous les héros que j’ai vu passer m’ont laissé des étoiles dans les yeux et du baume au cœur.

Dans le désordre, on a vu de magnifiques mannequins seniors ; un scientifique-écrivain-surfeur-bronzé-très chic de 77 ans (Joël de Rosnay) ; une ancienne SDF que le destin a transformé en comédienne et écrivain (Elina Dumont); la barbière parisienne des stars (Sarah, qui a un petit air de Florence Foresti) ; une professeure de bonheur et de power patate (Florence Servan-Schreiber) ; une avocate réincarnée en géniale humoriste (Caroline Vigneaux) ; la première femme Amiral de l’histoire de la Marine Nationale (Chantal Desbordes) ; une exploratrice de la banquise (Emmanuelle Périé) ; un agrégé de l’Université et enseignant chercheur à Oxford (Christian Monjou) ; l’autodidacte n°2 de Free (Angélique Gérard) ; une femme incroyable ayant décidé de rendre hommage à tous les héros anonymes (Frédérique Bedos) ; un philosophe ; une capitaine de frégate ; j’en passe et des meilleures.

A moment donné on était en vidéo-conférence avec une psy au Brésil, puis deux minutes après avec une exploratrice au Groenland, enfin bon c’était magique, vous l’aurez compris.

Pourquoi cela m’a t-il particulièrement plu? Parce que tous ces intervenants étaient empreints d’humanité, de douceur et de générosité. Et surtout parce qu’ils étaient tous extraordinaires à leur façon, et pour des raisons qui leur sont propres. Ils se sont battu pour réaliser leurs rêves, et c’est beau. Point.

En vrac, voici des fragments de discours, des encouragements que nous avons reçus pour nous fabriquer nous aussi une vie qui nous ressemble :

  • « Ce n’est pas la réussite qui provoque le bonheur, mais c’est le bonheur qui attire la réussite » … « Cessez de vous comparez! Vous êtes très bien comme vous êtes! » … « Il faut nous entourer de gens qui nous voient plus grand que ce que nous sommes » … « Ce n’est pas ce qui vous arrive qui compte, c’est ce que vous en faites » (Florence Servan-Schreiber)
  • « Vous ne pouvez pas renoncer avant d’avoir osé » … « Osez bousculer et provoquer votre chance! » (Aziliz de Veyrinas, Directrice Stratégie et Développement de La Tribune)
  • « Ne lâchez jamais rien » (Georges-Mohammed-Cherif, PDG de Buzzman – il a illustré son propos par cette incroyable vidéo)
  • « Les femmes ne voient que leurs défauts, et pensent que tant qu’elles ne les auront pas dépassé elles ne pourront pas aller plus loin. C’est faux. On a plus a gagner à construire sur nos forces qu’à raboter nos faiblesses » (Michèle Lesieur, Présidente de Philips France)
  • « N’ayez pas peur! Vous pourriez être surprises par ce que trouverez et par les personnes que vous rencontrerez » (Emmanuelle Périé, Exploratrice)
  • « One door closes, another one opens » … « Never give up » … « It is never too late to be what you’re meant to be » … « If you don’t like something, change it, and if you can’t change it then change your attitude » (Jenni Rhodes, Mannequin, Actrice, Créatrice de mode)
  • Et ma préférée… « L’ennemi n’est pas l’autre. Le plus gros ennemi c’est nous même. Notre peur de l’inconnu, notre peur de sortir de notre zone de confort, notre peur du qu’en dira t-on, de l’échec et de l’effort » (Chantal Desbordes, première femme Amiral de l’histoire de la Marine Nationale)

Nous avons écouté, beaucoup. Mais nous avons surtout ri, admiré, vibré devant l’impossible devenant possible et l’impensable devenant réalité. Bravo aux organisatrices, grâce à vous, we could be heroes!

Ci-dessous une photos de l’incroyable Florence Servan-Schreiber, déguisée en Superwoman pour mieux servir son discours :)

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Photo 1 / Carreaudutemple.eu – Photo 2 / Intervention de F.S-S. le 16 Novembre 2014


Les hasards forgent une destinée

« Moi si je devais résumer ma vie aujourd’hui, avec vous, je dirais que c’est d’abord des rencontres, des gens qui m’ont tendu la main, peut-être à un moment où je ne pouvais pas, où j’étais seul chez moi. Et c’est assez curieux de se dire que les hasards, les rencontres forgent une destinée… »

Vous vous souvenez? C’est la fameuse tirade d’Otis dans Mission Cléopâtre!

Oui bon je sais, ce n’est pas de la grande référence. Mais c’était pour illustrer le propos… Car je fais partie de ces personnes convaincues qu’il n’y a pas de hasards dans la vie, qu’ils soient heureux ou malheureux. Je crois très fort aux signes, aux coïncidences, aux rencontres, mais aussi aux non-faits, aux trucs qui doivent arriver, que l’on attend, mais qui n’arrivent pas tout de suite, ou alors plus tard, ou jamais.

Je suis consciente qu’étant relativement à l’écoute de ces phénomènes, j’y suis aussi plus sensible. Ernest Renan a dit : « Un hasard n’est rien pour une âme froide et distraite ; il est un signe divin pour une âme obsédée. » C’est un peu extrême, je vous l’accorde, mais il y a du vrai!

A mon sens, il existe un niveau de lecture particulier pour les personnes qui croient aux hasards, c’est de savoir les écouter. Suivre ses intuitions et agir en conséquence. Ça demande beaucoup d’exercice, car pour certains c’est un peu le combat du cœur contre la raison. Et cela demande de s’ouvrir mentalement à l’horizon des possibles, pas toujours évident pour les âmes trop cartésiennes.

En tout cas, j’ai toujours été fascinée par les chaînes de « et si? » Et si à ce moment-là j’avais décidé de faire autrement? D’aller autre part? Chacun de nous s’est forcément déjà posé cette question. Moi, je visualise ça comme une sorte d’arborescence. Beaucoup d’options, des choix ou des hasards qui orientent notre destinée, et nous font arriver à un certain point. Oui je sais, avec des si, on mettrait Paris dans une bouteille, ou Chicago dans une canette de coca, comme vous préférez.

D’ailleurs, j’ai récemment visionné ce petit film créé par Kanako, l’illustratrice de My Little Paris, qui raconte comment elle est arrivée aux prémices de cette aventure tout à fait par hasard (il dure 3 min 30). C’est pile dans le thème et c’est surtout très joli. :)

Bonne journée!

 

 Photo 1 / Caes.cnrs.fr – Photo 2 / Kanako pour Mylittleparis.com


Portraits de génies // Gisèle Casadesus, centenaire pétillante

Aujourd’hui je vais vous parler de Gisèle!! Non non, pas Gisèle Bundchen, pfff… Gisèle Casadesus ! Youpi ! Allez, un peu d’entrain là!

Son nom ne vous dit peut être pas grand chose, tout comme moi il y a encore peu de temps d’ailleurs. En fait je suis tombée sur une interview de cette demoiselle de … 100 ans, dans un numéro de ELLE du mois de Mai. Globalement, Gisèle Casadesus est nettement plus connue pour sa carrière de comédienne au théâtre, où elle a dû jouer allez… au bas mot 150 pièces dans sa vie ! Elle a entre autre été sociétaire de la Comédie Française, rien que ça. Bon et puis pour ceux à qui ça ne parle toujours pas, rappelez-vous Madame Mercier dans Les Enfants du Marais ou Margueritte dans La Tête en Friche?

Bon, pourquoi je vous parle de Gisèle, me direz-vous ? Eh bien déjà parce que cette interview du mois de Mai m’avait tellement marquée que je l’avais consciencieusement mise de côté pour en parler à ma grand-mère. Je vous interdis de rigoler! Et puis l’ironie du sort, c’est que voilà quelques semaine, Mamie me tend un bouquin : « Tiens ma petite chérie, tu devrais lire ça, c’est drôlement bien ! » Et voilà, c’était le livre de Gisèle, « Cent ans, c’est passé si vite… », dans lequel elle relate sa vie d’artiste, sa famille, ses petits bonheurs, et tutti quanti.

Alors voilà, j’ai lu, mais j’ai quand même préféré l’interview. En revanche, je dois reconnaître qu’il y a quelque chose d’impressionnant dans ce livre, c’est l’arbre généalogique de la famille Casadesus. Au total, dans la famille de Gisèle, on compte 16 musiciens et / ou compositeurs, 10 comédiens, 2 cantatrices, 2 chefs d’orchestre, 1 chanteur, 1 artiste, 1 photographe et 1 décoratrice. Ça cloue bec, n’est-ce pas ?

Voici ce qu’en dit l’intéressée: « Si l’un des enfants voulait devenir ajusteur ou institutrice, il ne serait pas un vilain petit canard ; tout juste susciterait-il l’étonnement général, et l’admiration. N’est-il pas courageux et original de se singulariser? Ce qui est important c’est que chacun puisse accomplir ce qui lui plaît et qu’il s’épanouisse. Il serait infiniment triste de ne pas pouvoir suivre la voie de ce que l’on aime. Ainsi, je suis fière, par exemple, de mon arrière-petite fille, Déborah, infirmière aux urgences. » Je ne sais pas dans quelle mesure on peut avoir le sentiment « d’avoir le choix » dans pareille famille (!), en tout cas j’apprécie l’ouverture d’esprit de Gisèle, et ses mots sur la nécessite de choisir la voie qui nous épanouit le plus.

Enfin bon, tout ça pour dire que l’interview m’avait donc beaucoup plue, car j’y avais trouvé un petit bouquet de pépites. Des conseils de vie, des secrets de longévité, tout ça. Alors je vous ai concocté un petit best of.

Les secrets de jeunesse de Gisèle!

Plutôt bons à prendre, puisqu’elle a 100 ans aujourd’hui et pour la petite anecdote, n’a arrêté le vélo qu’à… 95 ans (« Ça faisait peur à Jean Becker de me savoir à bicyclette sur l’île de Ré avant le tournage de La tête en friche). Et vous allez voir, ses secrets conjuguent santé physique et… santé morale.

  • Se poser au moins 30 min par jour!« Alors que j’étais une jeune comédienne de trente-quatre ans, épuisée après une tournée astreignante elle [Jacqueline Delubac] m’a conseillé: « Ma chère Gisèle, vous ne tiendrez jamais le coup si vous continuez comme cela. Il faut vous imposer au moins trente minutes de vrai repos chaque jour. Vous arrêtez tout et vous faites le vide total dans le noir. Où que vous soyez, rendez-vous indisponible durant ce laps de temps. Si les gens ne comprennent pas et disent que c’est un caprice de star, ignorez! » (…) J’ai suivi cette consigne et je lui dois sans doute plus qu’un bon conseil. » Tiens, Papa va être ravi, lui qui ne déroge jamais à sa petite sieste post-prandiale!
  • Marcher, se bouger – Ok ça fait un peu Mangerbouger.com là je sais, mais c’est l’idée! « J’ai longtemps monté à pied les cinq étages qui mènent à mon appartement, à Montmartre. Mon mari, Lucien Pascal, comédien lui aussi, qui est décédé en 2006 à 100 ans, disait que ça nous maintenait en forme… » Euhh, ok, si en plus vous êtes deux, alors on vous croit vraiment!
  • Bibloter – Heiinn? Oui, lire la Bible. Aïe, j’en vois qui vont tiquer, mais ne vous inquiétez pas, je pense que l’on peut élargir ce conseil là à ce que l’on veut, du moment que ça participe à notre bonne santé mentale … « La Bible est mon livre de chevet. C’est pour moi un réflexe tout naturel de la lire régulièrement. (…) Les peurs et les angoissent peuvent surgir, mais la lecture de la Bible m’apaise toujours. »

La philosophie de vie de Gisèle! Et ça franchement, c’est un millefeuille de bons conseils!

  • Utiliser ses talents – « Il faut cultiver le talent que l’on a reçu, on ne peut pas s’endormir dessus. »  Vous avez entendu? Alors ignorez votre fausse modestie et foncez!
  • Pour préserver le bonheur, ne jamais se coucher fâché« Cela aussi vous porte, de rechercher l’harmonie, en famille notamment. (…) Certes, Jean Anouilh le résume très bien : « C’est plein de disputes, un bonheur », mais je dis toujours : « Il ne faut jamais se coucher fâchés ». »
  • Voir la vie comme une page blanche – Ça, c’est la crème de la crème à mon sens. « Il ne faut pas avoir trop de projets. Rester ouvert à la vie qui s’annonce. Il y a une phrase du Nouveau Testament que j’aime: « Ne crains point, crois seulement. » Regarder devant sans être terrifié. (…) Cela reste beau, l’avenir. »

Allez, je vous laisse à vos pensées :-)

Bonne soirée!

Photo / Unifrance.org – Film Sous le figuier