Allez hop-a-la-passoire-les-medisances

Non mais qu’eeest-ce que c’est que ce titre là? Oui oui vous avez bien lu, « à la passoire les médisances ». Au filtre, au chinois, à l’écumoire, au passe-thé, au tamis, au pu-ri-fi-ca-teur les mauvaises paroles!!!

Parfois, quand on fait un état des lieux de ce qu’on dit, on réalise à quel point on est tantôt (tiens, « tantôt », on sent que je suis allée voir Mamie y’a pas longtemps moi), oui donc tantôt grossier, plaintif, râleur, critique, difficile, intransigeant, sévère… parfois même on se sent obligé de se plaindre de la météo pour combler les blancs quand on est mal à l’aise, pas vrai? Qu’il lève le doigt celui à qui ça n’est jamais arrivé? Ouf, merci! Bon en bref, on répond à merveille au cliché du français.

Alors voilà, j’ai testé pour vous d’essayer de tenir le plus looooongtemps possible sans un truc négatif qui sorte de ma bouche. Oui oui ça relève de l’apnée, je confirme. Alors je ne dis pas que j’y suis arrivée du premier coup, mais ce que je peux vous dire c’est que ça m’a fait bien fou! Une vrai cure de désintox! (ça y est, on va croire que j’étais accro aux médisances… zuuut!)

By the way – j’avoue qu’on finit vite par se prendre au jeu et qu’après ça devient… Whaouh… Une habitude!!!! Attention, on est en plein dans l’éradication du négatif là, pour ceux qui n’auraient pas suivi le début du programme, c’est par là! Donc, reprenons, voici quelques pistes pour un pseudo mode d’emploi:

  • Parlez en pleine conscience – Oulààà, ça y est elle part dans un délire chamanique la p’tite là. Ta ta ta. Lisez-bien ce qui va suivre… Écoutez-vous parler. Dans la vie, on écoute souvent les autres (encore que, pour certaines personnes ça reste à prouver!), bref, on écoute souvent les autres, mais on s’écoute rarement parler, nous. Eh bien je peux dire que quand on s’écoute un peu plus, on s’entend dire des trucs…. non mais des trucs!!! Ça fait à peu près le même effet que quand on entend sa voix sur un répondeur. Ah ça vous parle plus là hein!  Et avec du recul, on a vraiment pas envie de transmettre cette image là. Ce qui nous amène au deuxième point…
  • Réagissez! – Dès que vous sentez que vous allez dire un truc négatif, réagissez. Bon, pause – je sens qu’à ce stade de la discussion, il faut que trace un peu plus les contours de ce qu’on entend par médisance. Sont retenus à charge: les gros mots, les injures, les jurons, les plaintes, les raz-le-bol, les ragots de la pause café, les radiochiottes trop incriminants, les marmonages stériles, les jugements négatifs, les moqueries, l’auto-critique infondée, les méchancetés gratuites, la culpabilisation inutile, les mots qui vous dérangent et que vous aimeriez bannir de votre vocabulaire … bon, ça fait déjà pas mal! Et ce envers soi même ou envers les autres, en petite voix intérieure ou en mode extériorisé. Pigé? Bon, alors on reprend… Oui donc réagissez à chaque fois que vous allez dire un truc négatif! D’abord, arrêtez vous avant d’avoir commencé? Oui oui ça crée des situations assez improbables… « Oui? Marion? Tu voulais dire quelque chose? », puis réalisez dans quel contexte ça s’est passé, avec qui, sur quoi? Ça vous permettra de mieux comprendre dans quelles situations vous êtes comme ça, et de passer à la passoire avec plus d’efficacité!
  • Tentez l’inverse : le positif! – J’insiste sur le mot « tentez » car selon les situations, ça n’est pas toujours facile! Donc tentez de prendre le contre-pied, d’enfiler vos lunettes roses et de dire ou penser un truc formulé plus positivement que ce qui allait sortir. Eh oui, sachez-le, là où il y a un défaut apparent, il y a forcément une qualité cachée! Exemple: « Olala nous mais elle me saoule Ginette, elle est hyper collante, en plus elle monopolise totalement la conversation! » > « Ginette c’est une nana affectueuse et assez bavarde, bon après il faudrait qu’elle fasse preuve d’un peu plus de discernement car à certains moments c’est un peu too much! ». Bon, vous avez compris! L’idée ce n’est pas de se transformer en Bon Samaritain du jours au lendemain, ce serait hors de portée et irréaliste…! C’est juste d’être un peu moins peau de vache et un peu plus juste dans ses propos.
  • Reprenez de zéro à la première gourde – Ah bah oui sinon ce serait trop facile! Fixez vous un challenge (1 semaine, 1 mois, une vie??!!), et dès que vous dérapez, reprenez de zéro. Il paraît que pour le cerveau, 21 jours ça correspond au temps qu’il lui faut pour intégrer une nouvelle habitude. Donc je vous suggère de partir là-dessus!

Bon, que les choses, soient claires, on est tous humains, personne n’est parfait, on fait tous des erreurs, alors ça prendra peut-être un peu de temps (olalaaa non mais comment elle se dédouane pour ses futures médisances elle!!). Non mais sérieusement, on ne peut pas être l’incarnation de la bonté sur Terre tout le temps, ce serait trop facile difficile. Et puis on va pas se le cacher, un bon radiochiottes de temps à autre ça fait du bien! Mais l’important c’est de comprendre les mécanismes, d’acquérir le discernement nécessaire, de prendre du recul, d’apporter chaque jour sa pierre à l’édifice et le temps aidant, tout cela finira par se mettre en place le plus naturellement du monde et surtout, vous vous sentirez MIEUX!!

Et à la fin on ressemblera à ça (oui bon, pour les hommes je demande un soupçon d’imagination): une nana naturelle, souriante, positive, enjouée, ravie, pédalant en tout légèreté avec une bouteille de Champ’ dans son panier. Elle est pas belle la vie?

PS/ Pour l’image de présentation de ce post (pas le poulette sur son vélo, mais le tas de coques de noix de coco), vous pouvez y voir votre tas de médisances passé à la passoire! Non mais en fait ça m’arrangerait, car comme avec ce thème de blog je dois trouver des photos de qualité méga-haute, je suis obligée de piocher dans mes albums de vacances, alors je pense que dans l’absolu pour les futurs posts, ça restera assez imagé!

Photo 1  / Polynésie, Mai 2014 – Photo 2 / Dessin de Kanako